Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Le tragique 26 février 1944 commémoré ce dimanche

L’École Hôtel du Savoie-Léman. Six résistants y ont été fusillés par d’autres Français. Les sept noms des martyrs du 26 février 1944

Thonon va commémorer ce dimanche 28 février, avec toujours beaucoup d’émotion, la fusillade de six résistants dans la cour de l’École hôtel Savoie-Léman.

Cet odieux événement à ne jamais oublier, fait partie de l’histoire de la ville à laquelle on peut ajouter la Libération les 16 et 17 août 1944, durant laquelle tombèrent 15 résistants. On ne peut gommer cette histoire qu’énumèrent stèles et plaques sur les murs et les maisons de la ville. La fusillade du Savoie-Léman est encore plus terrible, parce que les Français de la milice créée en janvier 1943 par Vichy étaient à la solde des nazis.

C’est en février 1944, sous la pression des Allemands qui occupent depuis septembre 1943 la zone libre, que les opérations de police commandées par le colonel Lelong et le sinistre Darnand ensanglantent le Chablais. Miliciens et GMR (groupe mobile de réserve), armés de gros moyens, font face aux résistants locaux. Leur pression fut exacerbée et efficace car les forces de Vichy étaient dirigées en grande partie par des miliciens locaux. La milice est installée au Savoie-Léman ; c’est là que plus 150 maquisards furent emmenés, matraqués, torturés. Comme Gaston Mériguet (qui fut président du comité de libération d’arrondissement de Thonon après le 17 août 1944), qui dira : «  Ce sont des Français qui martyrisaient des Français   ».

La veille de la fusillade du 17 février, “Blanchard”, en réalité Maurice Flandin Granget, chef militaire FTP (Francs tireurs et partisans) arrêté par les miliciens à Féternes, connut un affreux calvaire : «  Battu, brûlé, il expira estomac ouvert et foie éclaté sous les yeux de sa femme   ». Six autres résistants, après être jugés dans une parodie de cour martiale, Marius Bouvet (Margencel), André Grepillat (Maxilly), René Trolliet (Allinges), Jean Genoud (Douvaine), Jean-Marie Tallieu (Paris), Ange Angeli (Corse), rescapé de Foges, furent passés par les armes.

Gaston Meriguet ne put que constater dans ses mémoires “La tâche des Allemands aurait été impossible, si elle n’avait trouvé de précieux auxiliaires dans la milice, les collaborateurs et les mouchards, la plupart originaires du Chablais”.

Gilles BONDAZ, Article du 26 fée. 2021