Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Le Savoie-Léman, un lieu de mémoire tragique

l’École Hôtel du Savoie-Léman. Six résistants y ont été fusillés par d’autres Français. Un hommage avait été rendu en 2021 par les jeunes élèves du lycée

Ce dimanche 26 février 2023, sera célébré le souvenir du drame du Savoie-Léman. Un événement que personne n’a oublié.

Le 26 février 1944, Thonon a été le théâtre d’une effroyable fusillade qui a endeuillé une école renommée : l’École Hôtel du Savoie-Léman. Six résistants y ont été fusillés par d’autres Français. C’est une dramatique page de notre histoire chablaisienne mais il ne faut surtout pas fermer le livre de notre passé encore récent…

En septembre 1942, la zone sud de la France n’est pas occupée mais dirigée par le Maréchal Pétain. Suite aux revers des Italiens et des Allemands en Afrique du Nord, la zone libre est occupée. De novembre 1942 à septembre 1943 Thonon est sous le contrôle des Italiens. La chute de Mussolini en 1943 suite à l’invasion de l’Italie par les alliés laisse le champ libre aux Allemands. Le 10 juillet 1943, environ un millier d’entre eux souvent en convalescence, s’installe dans la ville, entraînant dans leur sillage la Milice, une force paramilitaire de français aux ordres des nazis. Elle s’installe à Champanges, à la Grange Allard et au Savoie-Léman.

Plusieurs jours de calvaire

Les rafles successives organisées par les soldats allemands et par son alliée la Milice vont décimer les foyers de Résistance dont Féternes. Le chef de bataillon Francs tireurs et partisans Maurice Flandin est arrêté et envoyé au Savoie-Léman bientôt suivi par six autres résistants : René Trolliet, Jean Genoud, Jean Marie Tallieu, Marius Bouvet, André Grépillat, Ange Angelli (capturé lors de l’attaque du maquis de Foges).

Commence alors pour eux des jours de calvaire. Les miliciens dont certains sont d’anciens détenus libérés de prison comme un certain Riton, les matraquent, les torturent : pieds brûlés, membres cassés, estomac ouvert… Ils finissent par être méconnaissables, relateront les autres prisonniers, compagnons de cellule dans les caves du Savoie-Léman. On estime qu’une centaine de personnes est passée dans leurs mains. Beaucoup finirent dans les camps de Dachau ou Buchenwald.

Ces tortionnaires mirent 48 heures pour faire mourir Maurice Flandin. Les six autres devenus de véritables loques humaines sont fusillés contre le mur du Savoie-Léman (qui porte encore les traces des balles), le 26 février au petit jour. Quelques témoins ont rapporté avoir vu le matin des cercueils sous une bâche et du sang sur une charrette, entourée de miliciens en armes se rendant au cimetière.

Les témoignages de rescapés du Savoie-Léman ont été nombreux quelques années après la Libération mais maintenant il ne reste que des écrits et un souvenir à ne jamais effacer.

« C’étaient des Français qui torturaient des Français » entendra-t-on à plusieurs reprises lors des procès de 1945 à 1950…

Une commémoration pour ne pas oublier ce dimanche

Les six résistants ont été tués lors de la fusillade dans la cour de l’École Hôtel du Savoie-Léman le 26 février 1944, quelques mois avant la Libération de la cité thermale. Chaque année, Thonon-les-Bains commémore donc cet événement marquant de son histoire. Cette année, la cérémonie officielle aura lieu le dimanche 26 février, soit 79 ans jour pour jour après cette triste journée d’hiver. Rendez-vous devant l’enceinte du Savoie-Léman (40, boulevard Carnot), à partir de 11 h 30.

Gilles BONDAZ, Article du 26 Fév. 2023
L’École Hôtel du Savoie-Léman. Six résistants y ont été fusillés par d’autres Français. Les sept noms des martyrs du 26 février 1944