Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
menu

Trolliet René Albert

Résistant — Mort Fusillé
— Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P.F.)
Le 26 février 1944, Thonon a été le théâtre d’une effroyable fusillade qui a endeuillé une école renommée : l’École Hôtel du Savoie-Léman. Six résistants y ont été fusillés par d’autres Français. C’est une dramatique page de notre histoire chablaisienne.

Les rafles successives organisées par les soldats allemands et par son alliée la Milice vont décimer les foyers de Résistance dont Féternes. Le chef de bataillon Francs tireurs et partisans Maurice Flandin est arrêté et envoyé au Savoie-Léman bientôt suivi par six autres résistants : René Trolliet, Jean Genoud, Jean-Marie Tallieu, Marius Bouvet, André Grépillat, Ange Angelli (capturé lors de l’attaque du maquis de Foges).

Les parents de René Trolliet étaient originaires de Suisse. Son père, Eugène, venait de Martherenges, près de Moudon, et sa mère, Valentine, était née Bonjour à Blonay. Jeune mariés, ils quittèrent le canton de Vaud en 1918 et vinrent s’installer à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), où ils tenaient une épicerie. Puis ils vinrent s’installer aux Allinges. René Trolliet vint au monde le 28 mars 1920, à Publier (Haute-Savoie). Il habitait sur la commune des Allinges, au hameau de Mésinges, avec ses parents, son frère Marcel et ses deux sœurs Éliane et Marguerite. Il était contrôleur sur les trains de la S.N.C.F.

Le soir du 19 janvier 1944, les Allemands et des miliciens firent irruption dans la maison, saccagèrent tout et emmenèrent Eugène Trolliet (56 ans) qu’ils internèrent au Pax six jours durant, (n°427). Les fils, qui étaient engagés dans la Résistance (René dans les FTP) eurent le temps de s’enfuir. Marcel se réfugia à Genève, puis il alla travailler dans une ferme du Jura.

« Dans la nuit du 7 au 8 février 1944, déclara Marguerite Trolliet à la commission d’épuration de Thonon, le 2 mars 1945, des miliciens sous la conduite de Fillion, sont venus chez madame Desuzinges à Margencel et y arrêtèrent mon frère René Trolliet qui s’y trouvait. Mon frère fut emmené à la Grange Allard où il resta pendant huit jours. À la Grange Allard, mon frère fut battu par Jean Fillion qui, entre autres blessures qu’il lui causa, lui cassa le nez… De la Grange Allard mon frère fut transféré à l’Intendance à Annecy, où il resta pendant trois semaines… »

Sa sœur Éliane put lui rendre visite à la prison de l’Intendance. Elle témoigna après la guerre auprès d’un journaliste suisse et dit qu’elle le trouva « physiquement brisé, terriblement pâle, sous sa barbe qu’il n’avait pu raser depuis longtemps ».

René Trolliet, résistant, fut donc arrêté le 9 février 1944 dans le cadre de l’État de siège décrété par Vichy en janvier 1944. Transféré à l’Intendance à Annecy (siège de la Section anticommuniste [SAC]) par la Milice, torturé, il a été transféré au Savoie-Léman (école hôtelière) à Thonon-les-Bains, poste de commandement de la Milice et des GMR. Six résistants furent condamnés à mort par la Cour martiale qui se tint le 25 février 1944, à Thonon, Un septième, Maurice Flandin-Granget était mort sous la torture. Le lendemain à l’aube, ils ont été passés par les armes, par un peloton de GMR, dans la cour de l’École hôtelière.

Vers midi un communiqué officiel de Vichy annonça : « … À la suite d’arrestations, la Cour martiale française siégeant à Thonon a eu à se prononcer sur les cas de 8 terroristes. Six d’entre eux membres de l’organisation terroriste F.T.P. convaincus d’avoir commis des assassinats dans le but de favoriser des activités terroristes ont été condamnés à la peine de mort et immédiatement passés par les armes ».

Son nom est inscrit sur le monument aux morts d’Allinges et sur la plaque commémorative des sept fusillés de Thonon-les-Bains : Ange Angeli, Marius Bouvet, Jean Genoud, André Grépillat, Jean Tallieu, René Trolliet et Maurice Flandin-Granget.

Le frère de René, Marcel Trolliet, fut assassiné par la Milice le 30 juin 1944 au hameau des Noyers, à Allinges.

Lieux de mémoire

Stèle commémorative

Thonon — Stèle du Savoie-Léman

Le 26 février 1944, Thonon a été le théâtre d’une effroyable fusillade qui a endeuillé une école renommée : l’École Hôtel du Savoie-Léman. Six résistants y ont été fusillés par d’autres Français. C’est une dramatique page de notre histoire chablaisienne.

En mémoire de

Ange AngeliMarius Bouvet Jean GenoudAndré GrépillatJean Tallieu René Trolliet Maurice Flandin

Nous soutenir

Soutenir le Souvenir Français (74)
Le Souvenir Français œuvre pour que vive la mémoire de notre Nation au travers de trois grandes actions :
  • 1

    La sauvegarde de la totalité des tombes des combattants Morts pour la France et éviter que tous les jours les restes de combattants rejoignent les fosses communes municipales suite à des sépultures tombées en déshérence.

  • 2

    Le maintien des cérémonies patriotiques locales aux coté des grand date nationale et ce,bien que le nombre d’anciens combattants diminuent chaque année.

  • 3

    Le développement des voyages mémoriels afin qu’aucun enfant de France ne quitte sa scolarité sans avoir découvert un lieu de notre mémoire nationale ou participer à une commémoration.

Pour atteindre ces objectifs,nous avons besoin de vous !