Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Raymond Raphin, fusillé à 23 ans

Ses neveux témoignent : Jean-Francois, fils de Joseph Francis, Pierre, fils de Gaston, et Raymond né en 1951, fils d’Albert, a hérité du prénom de son oncle Mort pour la France.

Alors que le Souvenir français organise une exposition sur les 450 résistants de Haute-Savoie fusillés lors de la Seconde Guerre mondiale, nous vous proposons un portrait des cinq résistants de Cruseilles dont le nom figure sur le monument du Noiret. Aujourd’hui, Raymond Raphin.

Raymond Raphin est né le 4 décembre 1921 à Villaz d’une famille nombreuse de huit enfants. Il était le fils de François Raphin, décédé en 1951 à l’âge de 61 ans, et de Louise Déronzier, originaire de Villaz, décédée en 1928 à l’âge de 40 ans lors de l’accouchement de son dernier enfant, un garçon qui n’a pas survécu.

Son papa, qui exploitait la ferme au hameau d’Onex, s’est retrouvé veuf à l’âge de 38 ans. Raymond s’est donc retrouvé orphelin de mère à l’âge de 7 ans. Son papa a gardé et élevé seul les quatre premiers enfants, tout en exploitant la ferme d’Onex. Les trois derniers furent dispersés dans la famille, chez marraine et grands-parents maternels Deronzier. Raymond avait une douzaine d’années dans les années 1930, lorsque la ferme familiale a été dévastée par un violent incendie. Mal assuré à l’époque, entraînant des difficultés pour financer la reconstruction, François a été exproprié. Il a été relogé au hameau de Chez Vaudey, dans une ferme aujourd’hui en ruine en direction du pont de Chez Cadon. À ce jour sur Cruseilles, il ne reste que les descendants de Joseph Francis, l’aîné, propriétaires exploitants au hameau de Deyrier.

Arrêté au travail par les Allemands

À l’issue de cette enfance très perturbée dans une famille éclatée, Raymond s’est engagé dans l’armée au 405e DAT (Défense aérienne du territoire). En 1944, célibataire, il travaillait comme bûcheron dans l’entreprise de Marcel Challande, exploitant forestier au hameau du Noiret. Il fut arrêté le 9 juin 1944 sur son lieu de travail par les Allemands, qui agissaient probablement sur dénonciation.

Avec ses collègues de travail bûcherons, Léon Persoud, Clément Broisin et son patron Marcel Challande, il fut transféré à Annecy et incarcéré au château des ducs de Nemours et subit des interrogatoires à Saint-Francois. Il fut passé par les armes au lieu-dit le Pré Dalle à Vieugy. Il fut inhumé par la suite au cimetière de Cruseilles et déclaré Mort pour la France, et homologué FFI le 1er janvier 1946. Chaque année, le 8 mai, un hommage et dépôt de gerbe sont organisés au monument du Noiret.

Louis JACQUEMOUD, Article du 28 avril 2023