Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Bernard Broisin avait 7 ans lorsque son papa a été fusillé le 15 juin 1944

Bernard Broisin, aujourd’hui âgé de 86 ans, témoigne

Alors que le Souvenir Français organise une exposition sur les 450 résistants de Haute-Savoie fusillés lors de la Seconde Guerre mondiale, nous vous proposons un portrait des cinq résistants de Cruseilles dont le nom figure sur le monument du Noiret. Aujourd’hui, Clément Broisin.

Le comité local du Souvenir Français du pays de Cruseilles organise une exposition en hommage aux 450 fusillés ou massacrés en Haute-Savoie de la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette exposition, déjà présentée l’an passé à Sciez sous la responsabilité de Bernard Néplaz, sera transférée du 3 au 12 mai à la mairie de Cruseilles et à l’auditorium du collège Louis-Armand.

Sur le monument du Noiret figure les noms de cinq jeunes garçons fusillés par les Allemands en 1944. Le premier est Clément Broisin, alors âgé de 33 ans, papa de deux garçons : Bernard, 7 ans et Pascal, 1 an.

Né le 24 avril 1911 à Ayze d’une famille nombreuse de 14 enfants, Clément avait appris la mécanique. Il avait commencé à travailler très jeune comme mécanicien et conducteur de rouleau compresseur chez Bouclier et habitait dans une roulotte qu’il déplaçait avec son rouleau au fil des chantiers.

Des transports de résistants et de matériel au service de l’Armée secrète

Bernard, son fils, se souvient de cette époque. C’est en faisant des déplacements qu’il avait rencontré Alice Baillard, originaire de Vovray-en-Bornes, qui deviendra son épouse et la maman de ses deux enfants.

En 1942, il trouva un emploi de chauffeur de camion dans l’entreprise d’exploitant forestier de Marcel Challande au Noiret et habitait Cruseilles.

Il entra dans l’Armée secrète et avec son camion, avait transporté des résistants et assuré des livraisons de matériel, des ravitaillements au service de la Résistance locale.

Arrêté avec son patron et des collègues, Clément Broisin a dû les conduire jusqu’au château des Ducs de Nemours pour interrogatoire

Il a été arrêté le 9 juin 1944 lors d’une rafle par les Allemands, probablement sur dénonciation, sur son lieu de travail à 6 heures du matin ainsi que son patron Marcel Challande et deux bûcherons, Léon Persoud et Raymond Raphin. C’est lui qui a dû conduire le camion avec à bord son patron, ses collègues de travail et le personnel de l’entreprise, direction Annecy, au château des Ducs de Nemours.

Après des heures d’interrogatoire, ils ont tous été fusillés six jours plus tard à Sacconges, sur la commune de Vieugy Seynod. Albert Parchet, en lien avec cette rafle, a été arrêté plus tard et fusillé le 19 août à Bron.

Lors de la conférence qui sera donnée le vendredi 5 mai en présence Bernard Néplaz, Bernard Broisin sortira de l’Ehpad de Cruseilles pour témoigner et répondre aux questions. Malheureusement, sa maison de Vovray, commune dont Bernard a été maire, a été touchée par un incendie et des archives ont disparu.

Louis JACQUEMOUD, Article du 15 avril 2023