Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Michelle et Robert racontent leur père, fusillé le 15 juin 1944 par l’occupant

Michelle avait 8 mois le 15 juin 1944. Robert, né trois mois plus tard, est très engagé au Souvenir français

Alors que le Souvenir français organise une exposition sur les 450 résistants de Haute-Savoie fusillés lors de la Seconde Guerre mondiale, nous vous proposons un portrait des cinq résistants de Cruseilles dont le nom figure sur le monument du Noiret. Aujourd’hui, Robert Léon Persoud.

Robert Léon Persoud, toujours appelé Léon, est né le 24 juillet 1919 à Clermont, dans une famille originaire d’Usinens. Il est le dernier d’une famille de sept enfants (quatre garçons et trois filles). Fromager, il était commis à la fruitière du Noiret c’est là qu’il fit connaissance de Marthe Fournier, de Chez Vaudey, qui livrait le lait à vélo. Pour faire plus intimement connaissance avec Marthe, il aurait dégonflé une roue pour lui proposer ensuite de la réparer ! Ils se sont mariés le 8 avril 1943.

Très vite, Michelle arrivait dans le foyer. Ils s’installèrent à Allonzier-la-Caille. Robert Léon quittait la fruitière pour s’engager chez Marcel Challande, exploitant forestier au Noiret, où sa sœur Julie était embauchée comme bonne. Marcel Challande était entré dans l’armée secrète pour aider les résistants. Probablement sur dénonciation, les Allemands ont effectué une rafle surprise le 9 juin 1944 à l’aube.

Ces derniers ont obligé Léon Persoud, Marcel Challande, Raymond Raphin, Clément Broisin (chauffeur), Mme Challande et Julie Persoud, à monter dans le camion forestier. Un homme, Charles Lacour dit Charlot, a été épargné. Il se trouvait au moment de la rafle dans la cave de l’entreprise, maison située en bordure d’un chemin, devenu aujourd’hui chemin des Résistants. Clément Broisin, sous la contrainte, prenait la route d’Annecy. Mme Challande et Julie Persoud furent déposées à l’école de la gare et relâchées plus tard, les quatre hommes emprisonnés au vieux château. Après six jours d’interrogatoires, ils furent emmenés à Vieugy pour être exécutés le 15 juin 1944, victimes innocentes de la barbarie nazie.

Léon n’aura pas connu son dernier fils

Robert Léon Persoud allait avoir 25 ans en juillet. Sa fille Michelle avait 8 mois, son fils est né trois mois et demi plus tard, le 28 septembre. Il fut baptisé Robert en souvenir de son papa qu’il n’a pas connu.

Aujourd’hui, Michelle et Robert sont très engagés au Souvenir français. Michelle a été de nombreuses années secrétaire, trésorière du comité local. Robert, porte-drapeau du Souvenir français, est présent à toutes les cérémonies.

Leur mère, Marthe, est retournée habiter Chez Vaudey avec ses parents et s’est remariée en 1954 avec Xavier Ailloud. Un troisième enfant Jean Marc est arrivé en 1956. Malheureusement, Marthe, au destin tragique, est devenue veuve un deuxième fois le 31 décembre 1960. Son mari s’était fait accrocher par la baratte à fruitière de Deyrier en livrant le lait.

Dans de prochains articles à paraître avant l’exposition, nous vous présenterons les trois autres fusillés, Morts pour la France.

Voir l'exposition

Les visites de l’exposition rendant hommage aux 450 fusillés de la Résistance seront accessibles le jeudi 4 mai, et du mercredi 10 au vendredi 12 mai à la mairie de Cruseilles, aux heures d’ouverture (lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 8 h 30 à 12 h et 14 h à 17 h).

Cette exposition est organisée en collaboration avec le collège Louis-Armand et le Souvenir français comité local de Cruseilles.

Louis JACQUEMOUD, Article du 22 avril 2023