Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Valleiry — La Libération au prix de lourdes pertes dans le Genevois

e mémorial Résistance-Liberté de Valleiry, à côté du monument aux morts, représente un jeune couple poussant une énorme pierre qui symbolise l’oppression. Photo Le DL

Le 16 août sera célébré en hommage de ce jour où la Résistance a libéré les communes du Genevois, au prix de lourdes pertes. Il y a 79 ans, la difficile libération du canton de Saint-Julien s’est traduite par de nombreuses pertes humaines et matérielles.

Ils se sont libérés seuls et c’est un cas quasi unique en France : les Pays de Savoie célèbrent en ce mois d’août le 79e anniversaire de leur libération. Le 15 août 1944, les Haut-Savoyards répondaient en effet à l’ordre de soulèvement général. Les résistants ont alors opéré simultanément dans plusieurs villes autour du lac Léman et dans le Genevois.

Le 16 août, la Résistance vient de libérer la ville de Saint-Julien. Mais les maquisards savent qu’il faut vite aller aider leurs amis qui essaient de déloger les nazis à Valleiry, Bossey, et Viry.

À Valleiry, les combats contre les Allemands réfugiés dans la villa Chautemps, violents, font des blessés et des morts.

Pendant ce temps, une compagnie allemande d’environ 150 hommes traverse le pont Carnot laissé sans surveillance. La Brigade rouge internationale (BRI), chargée de “tenir” le pont pour empêcher toute contre-attaque allemande venue de l’Ain, est appelée en renfort à Valleiry, car elle dispose d’un armement assez puissant, avec notamment une mitrailleuse 12-7.

Tout aurait été pour le mieux si la compagnie de l’Armée secrète qui devait prendre la relève de la BRI à l’entrée du pont était arrivée. Mais elle ne viendra jamais et cela aura des conséquences terribles.

La garnison allemande de Valleiry est détruite et un officier allemand est abattu. Mais c’est le drame des villages de Bloux, Chevrier et Valleiry qui va se jouer : les occupants pillent, incendient ces villages martyrs et tuent les habitants qui n’ont pu se réfugier en Suisse.

1 600 réfugiés quelques jours avant la libération

Le 16 août, 1 600 sinistrés et réfugiés haut-savoyards de la région du Vuache, des communes d’Éloise, Chevrier, Valleiry et Bloux-Dingy furent recueillis à Chancy pour fuir l’envahisseur. Les maires de Chancy, d’Avusy, de Lancy et un commerçant français de la Corraterie, Léon Delorme, constituèrent un Comité d’accueil. Léon Delorme fit un don de 5 000 francs pour aider ses compatriotes et fournit du matériel de bureau et de dactylographie afin d’établir en trois exemplaires, sous l’œil de la police genevoise, les fiches d’identité de chacun des réfugiés. Quelques semaines plus tard, heureusement, ils purent retourner chez eux.

Après une ultime contre-attaque, le 17 août au matin, les nazis repassent définitivement le pont sous la pression de la Résistance.

Le canton de Saint-Julien-en-Genevois est définitivement libéré du joug nazi. La Haute-Savoie est libérée par les forces de la Résistance le 19 août 1944. Une nouvelle officielle à 10 heures du matin, à l’hôtel Splendid d’Annecy qui était le siège de la Kommandantur.

commémoration

Le 79e anniversaire de la Libération de Valleiry aura lieu mercredi 16 août à 10 h 30 au monument aux morts.

Martine Ikpefan, 12 août 2023
Mémorial

Valleiry — Mémorial Fraco-Suisse Résistance-Liberté

Le mémorial franco-suisse Résistance-Liberté de Valleiry est un appel à la résistance. Le jeune homme aux mains nues, soutenu par une femme, évoque le courage et la liberté face à l’oppression symbolisée par un roc menaçant. Sur le monument, deux plaques sont posées : l’une est un hommage à la Résistance transfrontalière, et en souvenir des évènements du 16 août 1944. L’autre est à la mémoire du commandant Pierre Ruche, chef de secteur de l’Armée secrète du capitaine William Jacquart.

En mémoire de

Pierre Ruche