Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Le 17 août 1944, Thonon est libérée

Libération Thonon — Le Groupe Griffolet d’Orimont, photographié après la libération.

Encerclées depuis le 15 août par les groupes de résistants (Francs-tireurs et partisans, Armée secrète), les forces allemandes capituleront deux jours plus tard à Thonon. Évian, commune voisine, avait été libérée la veille.

C’est à 16 heures, le 17 août 1944, que le commandant allemand de la place de Thonon, le médecin-major Raefler, signe la capitulation de ses 725 soldats dont beaucoup sont malades, blessés ou en convalescence. Depuis le 15 août, ils sont cantonnés au Sacré-Cœur et au Petit Séminaire, encerclés par les FTP (Francs-tireurs et partisans) qui donneront l’assaut le 16 au soir.

De son côté, l’AS (armée secrète dans laquelle on comptait des anciens militaires français hostiles à Pétain) attaque la brigade des douaniers allemands cantonnés dans les hôtels Beau-Site et Bellerive et au Château de Rives, le 16 août au petit matin. Les Allemands résisteront jusqu’à 12 h 30.

Une libération au prix de 15 résistants tués

Jean-Claude Regat et le lieutenant Joseph Diot, dit Jean, recevront la capitulation des 73 douaniers allemands qui seront internés dans l’ancienne gendarmerie et au Savoie Léman d’où avait fui la Milice, trois mois auparavant.

Sur ces deux journées, 15 résistants seront tués et 18 blessés. Des plaques rappellent le lieu où ils sont tombés, à Rives ou autour du Sacré-Cœur. Thonon sera la seule ville du département où auront lieu des affrontements, alors qu’à Évian, les Allemands capituleront le 16 août.

Il est difficile de connaître précisément le nombre de résistants disséminés dans le Chablais en 1944. Pour Évian, on en a compté près de 250 autour et dans la ville alors que les Allemands estimaient la Résistance locale à plus de 6 000 hommes !

Ce que l’on sait grâce aux témoignages photos ou écrits, c’est que les vallées se sont libérées un mois voire plus, avant ce 17 août : il existe une photo d’une compagnie AS qui défile le 14 juillet 1944 à Morzine.

On connaît aussi que plusieurs groupes de résistants sillonneront le Chablais en car ou en camion dès le début du mois d’août 1944 sans que les Allemands n’interviennent. Ils ne viendront pas, non plus lors du crash de la forteresse volante américaine à Féternes.

Une libération anticipée et préparée

D’après un rapport de Pierre Barone, officier FTP (Francs-tireurs et partisans), cette libération de Thonon avait été rapidement préparée : dès le 13 août le sous-préfet de Vichy est enlevé par le groupe du résistant Sopizet et gardé prisonnier au col du Feu. La mairie, désertée depuis juillet par le maire, le colonel Trolliet, est occupée comme des bureaux de ravitaillement. L’eau et le téléphone seront coupés et le canal de l’Oncion détourné. Les Allemands sont isolés dans leur cantonnement, les entrées de Thonon bloquées, et les camions de renforts SS venus d’Annemasse sont détruits à Machilly.

La Libération de Thonon fut fêtée tard au beau milieu de la nuit, car le couvre-feu n’avait pas été levé. Le lendemain (18 août), un hommage émouvant est rendu devant la mairie aux résistants tués, malgré la peur des représailles aériennes (qui n’auront jamais lieu grâce au débarquement des alliées le 15 août en Provence.)

La commémoration 2023 de la libération de Thonon aura lieu place de la mairie à 11 heures, ce 15 août.

Gilles Bondaz, Article du 11 août 2023