Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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3 janvier 1944 : des heures sombres dans l’histoire du village du Mont-Saxonnex

La cérémonie a été rehaussée par la présence des porte-drapeaux du Souvenir français, de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) et de l’association Anciens combattants Mont-Saxonnex/Brison. Photo Orla Donat-Magnin

Le 3 janvier 1944 est une date indélébile inscrite dans la mémoire collective du village. Ce mercredi 3 janvier 2024, l’heure était au devoir de mémoire, en souvenir de trois vies brisées, balayées par la barbarie.

Il y a eu la tragédie du Giffre le 1er avril 1944 (Mémorial pour l’oppression 3808 W 1450), le massacre dans la nuit du 25 au 26 décembre 1943 qui a fait d’Habère-Lullin un village martyr : des épisodes tragiques qui ont marqué le département de la Haute-Savoie.

Mont-Saxonnex n’a pas été épargné : le 3 janvier 1944 est une journée à jamais marquée du sceau de la barbarie allemande dans l’histoire du village. 80 ans plus tard, ce mercredi 3 janvier 2024, le village était invité à se souvenir, aux côtés du conseil municipal et en présence de nombreuses personnalités.

Trois martyrs tombés sous les balles des Allemands

“Passant souviens-toi”, lit-on sur la stèle devant l’école de Pincru. Qui garde gravés dans le marbre le nom de trois martyrs tombés sous les balles des Allemands : Robert Bourrier, 22 ans, Georges Caille, 18 ans, et Marie Délémontex, 48 ans, victime civile.

La veille de ce sinistre 3 janvier 1944, un dimanche, une voiture avait fait halte à l’hôtel Beau Site. À son bord, quatre hommes se présentant comme des parachutistes anglais à la recherche des maquis pour leur remettre des armes, prétendaient-ils.

Avec toutes les précautions d’usage, les maquisards sur leurs gardes, qui avaient posté trois guetteurs, décidèrent de les rencontrer tout en définissant un plan pour s’assurer de la bonne foi de ces interlocuteurs et d’une issue si la situation dégénérait.

La suite des événements allait confirmer les doutes. Le village fut rapidement encerclé par les miliciens et les Allemands. S’ensuivit une fusillade contraignant Joseph Maniglier et ses camarades à fuir et regagner le camp en marchant dans le torrent pour ne pas laisser de traces.

Des trois guetteurs, deux y laissèrent leur vie. Réfugié dans une maison, Robert Bourrier en fut extrait, laissé agonisant dans la neige. « C’est moi qui ai enlevé son corps sur une luge pour le préserver de l’incendie, les Allemands ayant mis le feu à deux maisons », raconte Robert Caul-Futy.

Georges Caille lutta jusqu’au bout avant d’être abattu par les Allemands devant la boulangerie de Georges Rennard qui l'a aidé à recharger son mousqueton.

Marie Délémontex rentrait chez elle. Sourde et muette, elle n’entend pas les sommations : blessée et victime de sévices, elle décédera à l’hôpital de Bonneville.

Le maire a associé à cet hommage le nom de vingt personnes qui ont survécu, des « hommes pris en otage, restés à plat ventre dans la neige toute la nuit dans le talus juste en face de l’école, les mains sur la nuque. » Sans oublier Armande et Georges Rennard, boulangers, qui ont aidé la Résistance.

Les enfants de l'école, « passeurs de mémoire »

La stèle érigée en mémoire des trois victimes se dresse devant les portes du groupe scolaire Roger Guillermin, à portée de voix des éclats de rire des enfants dans la cour de récréation, symbole de la vie qui a pris le pas sur la tragédie.

Durant les semaines qui ont précédé cette cérémonie, les enfants se sont emparés de cette page d’histoire de leur village. Avec leurs mots, ils en ont retracé les principaux temps qu’ils ont entendu racontés par un témoin d’alors : Robert Caul-Futy avait 10 ans lors de ces funestes événements. Avec leurs enseignantes, Sandrine Pellier et Angélique Alvoët, ils ont aussi travaillé sur les témoignages écrits d’un autre personnage emblématique : Joseph Maniglier, dit Many, chef de la compagnie “Le camp de Savoie” pendant la Résistance, basé sur le lieu-dit Malacquis à Mont-Saxonnex.

Les enfants de CM1 et CM2, pourtant en vacances scolaires, ont rehaussé cette cérémonie par leurs récits, leurs chants et des tableaux chorégraphiés avant de déposer symboliquement des lumignons sur la croix de Lorraine. Et de chanter la paix.

« Les enfants, vous devenez à partir d’aujourd’hui les nouveaux passeurs de mémoire de cette tragique journée du 3 janvier 1944 ; c’est à vous, désormais, que revient la tâche essentielle de garder vivant ce souvenir », a déclaré le maire Frédéric Caul-Futy.

Les habitants du Mont-Saxonnex perpétuent le devoir de mémoire

Le 3 janvier 1944, un évènement tragique a marqué les mémoires des habitants du Mont-Saxonnex. 80 ans après les faits, une cérémonie a été organisée ce mercredi soir. Mené par les jeunes dumonts de l’école primaire Roger Guillermin un hommage aux victimes a été célébré, notamment, en racontant les évènements de cette sombre journée. L’occasion pour eux d’assurer le devoir de transmission. Reportage 8 Mont-Blanc.

Stèle commémorative

Mont-Saxonnex — Stèle massacre du 3 janvier 1944

Stèle en hommage aux résistants et aux victimes civiles de la répression nazie dans le village et commémorant les violences et les destructions du 3 janvier 1944.