Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Flora Saulnier, grande dame résistante et déportée puis libérée du camp de Ravensbrück en 1945.

Flora Saulnier est née le 17 février 1903 à Armoy (Haute-Savoie). Elle est la fille de Jean François Planchamp, cultivateur, et d’Angélique Jeannette née Bouze. Elle se marie à Nice le 9 décembre 1933 avec Albert Jean-Marie Saulnier. Ils s’installent alors à Annecy pour tenir ensemble l’Auberge du Lyonnais, située sur les rives du Thiou. Le couple Saulnier était membre de la Section française de l’Internationale ouvrière (S.F.I.O.), le parti socialiste de l’époque. Refusant la défaite de 1940, ils sont précurseurs la Résistance annécienne et intègrent le mouvement gaulliste Combat. Réunions, refuge de résistants, stockage de tracts et journaux clandestins… Leur auberge devient vite une plaque tournante de la Résistance.

Le parcours de Flora Saulnier dans la Résistance a été dévoilé par Jean Vanier, qui l’a rencontré à plusieurs reprises dans sa maison d’Anthy-sur-Léman en compagnie de son époux Jean-Marie, à l’occasion de ses 90 ans.

Au sein du mouvement Combat, Flora intègre le réseau Noyautage des administrations publiques (N.A.P.) et devient agent permanente et rémunérée (P2) de la France Combattante. Elle contribue à la protection des résistants et des gens recherchés par la Milice française en les cachant au sein de son auberge : elle évite aux jeunes de la classe 1942 de partir pour le Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne en leur permettant de rejoindre le maquis ; elle protège également les Espagnols républicains réfugiés en France et autres patriotes qui se sont mis au service de la Résistance.

Le 23 décembre 1943, elle est arrêtée à son auberge par trois membres de la police secrète allemande, la redoutable Sipo-SD. L’officier interprète SS Gromm l’interroge sur son mari, puis les SS visitent toutes les chambres et la cuisine de son auberge : ils renversent et retournent tout sauf son tiroir-caisse dans lequel se trouvait ses papiers. Sous prétexte de payer sa bonne sous le regard de Gromm, elle saisit dans sa main gauche un message compromettant de son camarade résistant Richard Andrès, puis s’en débarrasse dans les toilettes. Par contre, une serviette attire vite l’attention des SS ; pas de chance, son camarade Robert Jaccaz arrive justement pour la réclamer et se retrouve menotté. Flora savait qu’elle allait devoir tout abandonner mais elle s’inquiéta en priorité mais pour son mari, qui devait rentrer le soir même de Lyon. Elle pensait à ce qu’ils allaient lui faire s’ils l’arrêtaient : « ils le martyriseraient pour le faire parler ».

Les Allemands ont emmené Robert Jaccaz et Flora à la prison d’Annecy pour la nuit. Le soir même, elle a aussi obtenu un papier et un crayon pour écrire à sa belle-mère ; cette lettre a été transmise par un gendarme qu’elle définissait de « bon Français, bien qu’il soit fonctionnaire de Vichy ». Elle lui demande aussi d’avertir son mari, ce qui la rassure. C’est à ce moment-là qu’elle comprit que son rôle de résistante était terminé et qu’un autre combat commençait, celui de sa propre survie. Elle savait qu’elle allait vivre des moments très durs car les Allemands ne lui feraient pas de cadeaux : « Ils disaient nous envoyer crever en Allemagne », et qu’ils feraient tout pour l’éloigner de chez elle : « Madame Saulnier ne reverra plus Annecy » ironisaient-ils.

Elle est ensuite emmenée à l’hôtel Pax à Annemasse, le siège de la Gestapo départementale, où elle croise les rescapés de la tragédie du château d’Habère-Lullin et apprend également la mort de son père. Le 29 janvier 1944, Flora Saulnier est conduite à Lyon dans la prison Montluc puis enfermée au fort de Romainville le 25 février. Le 18 mai 1944, elle est déportée à Ravensbrück, un camp de concentration réservé aux femmes et situé au nord de Berlin. Flora y arrive le 23 mai. Elle connait ici des conditions de vie difficiles, débutant avec sa mise en quarantaine, puis l’attribution d’une tenue et d’un numéro, le 35466. Elle est affectée sur place à des travaux de couture 12 heures par jour, en équipe de nuit et de jours. Son réveil était fixé à 3 heures pour commencer à 6 heures. Malgré ces dures conditions de vie elle a su garder le moral et c’est ce qui lui a permis de survivre jusqu’à la Libération. Le 23 avril 1945, un camion de la Croix Rouge suédoise l’a conduit au Danemark, puis en Suède le 25 avril et l’a rapatriée à Paris le 1er juillet 1945.

Après la guerre, Jean-Marie et Flora Saulnier reprennent leurs activités hôtelières. Flora a été décorée de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme, de la médaille de la Résistance et a été nommée officier de la légion d’honneur en 1972.

Jean Vanier la décrit comme « toujours digne mesurée, discrète et réservée » ; il trouvait remarquable la vision historique qu’elle avait de son action et de la situation de notre département. Elle décède le 10 août 1994 à l’âge de 91 ans chez elle, à Anthy-sur-Léman. Depuis 2021, une école de la commune porte son nom.

du Lycée Baudelaire (Annecy), année scolaire 2023/2024.

Lieux de mémoire

Plaque commémorative

Anthy-sur-Léman — Plaque Saulnier Flora

Plaque évoquant la déportation de Flora Saulnier a été dévoilée par la maire, entourée de Jocelyne Martinet et de Miguel Vera. Les écoliers connaîtront l’histoire de cette grande résistante qui a donné son nom à leur école.

Résistante déporté, Flora, Officier de la Légion d’Honneur, a reçu de nombreuses décorations en raison de son engagement durant la période sombre de notre Histoire et notamment la Croix de Guerre avec palme, la médaille de la Résistance, la médaille du combattant volontaire de la Résistance, la médaille du combattant et la médaille des Déportés de la Résistance.Une plaque évoquant la déportation de Flora Saulnier a été dévoilée par la maire, entourée de Jocelyne Martinet et de Miguel Vera. Les écoliers connaîtront désormais l’histoire de cette grande résistante qui a donné son nom à leur école. Photo Le DL /Chantal BOURREAUHôtel restaurant le Lyonnais tenu par Flora Saulnier et on mariFlora Saulnier - expoistion 80e anniversaire de la libération de la haute-savoie du 14 au 19 août 1944 par les seules forces unies de la résistance

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