Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Récit de la Libération d’Annemasse, le 18 août 1944

Vendredi 18 août à 10 h 15, le détachement allemand, retranché à l’hôtel du Pax, se rend. Pendant que les combats se déroulent en ville, une partie des troupes d’occupation se replie sur les différents postes frontières et demande l’autorisation de pénétrer en Suisse. Ici, à la douane de Moëllesulaz, un officier plie le drapeau du Reich qui flottait à Annemasse depuis novembre 1942. Collection Gilbert Taroni

le 18 août, on célèbre les 79 ans de la Libération d’Annemasse. Forçant le respect même de l’occupant allemand par sa loyauté, Jean Deffaugt, maire d’Annemasse et grand résistant, peut entrer au péril de sa vie dans les geôles nazies du Pax. Il réconforte les prisonniers de la Gestapo, en sauve de la mort et se dévoue sans compter pour conserver leur moral. Au soir du 18 août 1944 il raconte la Libération de sa ville.

Tout a commencé le 16 août par un coup de main du corps franc du commandant Maritet à Machilly. Le lendemain, l’occupant, fort de 90 douaniers et 120 SS, envoie à Moëllesulaz 22 douaniers et trois agents de la Gestapo pour couvrir la frontière. Vendredi 18 août 1944 à 7 h 30, Annemasse est attaquée.

Un cessez-le-feu intervenu après des pourparlers

La violente fusillade de deux heures se rapproche du Pax, où se situe l’occupant sous les ordres de Kleine. Un peu avant 10 heures, l’interprète allemand Feldwebel Wischmann téléphone à la mairie. Après quelques minutes de pourparlers pour en référer au chef des forces françaises de l’intérieur (FFI), Jean Deffaugt rappelle le Pax et expose les décisions : reddition sans condition avec promesse de vie sauve à la garnison et aux personnes sous sa protection. L’ordre de cessez-le-feu est claironné.

À 10 h 15, les mains en l’air, l’occupant sort du Pax sous les huées, Kleine à la tête de sa troupe avec drapeau blanc. C’est terminé. Officiers et hommes peuvent emporter des effets personnels. Les militaires allemands ne subissent pas de sévices, tandis que la foule de plus en plus imposante s’embrasse pleure de joie. Les prisonniers d’hier libérés sont portés en triomphe. Les FFI maintiennent l’ordre. Un important matériel est pris.

La Savoie, premier département libéré par les seules forces françaises intérieures

Mais en ville, des escarmouches continuent. Quelques récalcitrants n’ont pas compris que les combats sont terminés. Tirant d’une fenêtre, ils provoquent la panique. Sauve qui peut dans les rues. Tout danger n’est pas écarté. On craint un bombardement. La sirène hurle. Le soir on clame la libération de toute la région : « la Savoie est aujourd’hui l’unique département français libéré par les seules forces françaises intérieures ». Dégâts et pertes en hommes sont limités.

Une auto arborant drapeau français, FFI en armes sur le capot fait le tour de l’agglo et annonce la Libération d’Annemasse. Les drapeaux tricolores sortis des cachettes flottent au soleil.

Pendant ce temps, dans la bataille de France engagée, les alliés progressent en tous secteurs. Falaise et st Malo sont entre leurs mains. Dans le midi des points à 40 km de la côte sont occupés.

Gilbert Taroni, Article du 13 août 2023