Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Massacre du Hameau de Pouilly — 28 JANVIER 1944 - 28 JANVIER 2024

Massacre de Pouilly — Une partie des maisson incendiéers

En ce début de l'année 1944, l'atmosphère est pesante dans le secteur de SAINT-JEOIRE. Ce bourg de 1600 habitants est au cœur d'un foyer de Résistance. Les maquis sont nombreux dans les montagnes environnantes. Les actions menées par l'ensemble de la résistance locale pour harceler l'ennemi ne sont pas sans conséquence et accroissent la volonté de l'occupant de démanteler les réseaux de Résistance implantés dans la zone : dénonciations et représailles sont courantes.

Le 28 janvier vers 20 heures

Un officier des douanes allemandes est enlevé à la gare du pont du Risse par des résistants venus de Mieussy et membres du corps franc de Jean CARRIER, responsable des Groupes Francs des M.U.R. (Mouvements Unis de Résistance) pour la Haute-Savoie. Ce même jour, dans l'après-midi, un barrage routier établi par la Résistance à proximité du Pont de Fillinges reçoit le renfort de Jean CARRIER à la tête d'une petite unité. Un accrochage a lieu avec l'armée allemande. Ces évènements sont à l'origine du drame qui va se dérouler dans la soirée.

Vers 21 heures 30, un double barrage de police est dressé à l'entrée de Pouilly par les hommes de la 9e compagnie de la Section de sécurité (SS) Polizeï venus d'Annemasse. Vers 22 heures, une voiture surgit avec trois résistants à bord : Marcel CLAVEL, Robert DESBIOLLES et Alphonse PASQUIER. Elle tente de forcer le barrage. Une fusillade s'ensuit, un Allemand est tué. Marcel CLAVEL parvient à s'enfuir et sera soigné par le Docteur François RUBIN à Mieussy au lieu-dit Quincy. Les deux autres blessés tentent de gagner la maison voisine où demeure à ce moment-là Jean CARRIER. Ce dernier, se sachant rechercher du fait de son engagement dans de nombreux réseaux, change constamment de domicile. Il se trouve depuis le matin à Pouilly, village natal de son épouse.

Vers 23 heures 30, un détachement de 90 hommes de la SS Polizeï arrive en renfort à Pouilly. Femmes et enfants sont poussés hors du village par un des officiers présents. Les hommes sont tués à leur domicile. Après avoir porté secours à l'un des blessés de la première fusillade, Jean CARRIER se retranche dans les combles de sa maison et utilise son armement contre l'ennemi. Pour venir à bout de l'assiégé, la SS Polizeï incendie la maison et jean CARRIER, brûlé vif, disparait dans la chute de la toiture. En 1946, il est élevé au rang de Compagnon de la Libération à titre posthume par le général DE GAULLE en reconnaissance de son engagement dans la Résistance.

À 4 heures du matin, le détachement de la 9e compagnie de la SS PolizeÏ quitte le hameau dévasté, marqué à jamais par ce drame. Durant cette nuit tragique, six maisons d'habitation et trois bâtiments agricoles sont brûlés.

Onze hommes sont exécutés : Eustache BENEDENTE, Jean-Claude CARRIER, Ferdinand CHAMOT, Pierre CORNIER, Robert DESBIOLLES, Jean GIROD, Alfred MUSCHLER, François Léon PARCHET, Alphonse PASQUIER, Clément PASQUIER, Émile SALOMON.

Le 28 janvier 2024

80e anniversaire de cette tragédie, une foule importante est au rendez-vous de la Mémoire devant la stèle rénovée par le département et la commune de Saint-Jeoire. Monsieur Antoine VALENTIN, Maire de SAINT-JEOIRE préside la cérémonie en présence du vice-président du sénat Loïc HERVE, du Sénateur Cyril PELLEVAT, de monsieur Martial SADDIER, Président du Conseil Départemental, de madame Agnès GAY, Conseillère départementale, de monsieur Bruno FOREL président de la communauté de communes, des maires des communes avoisinantes, de monsieur Raymond MUDRY président de l'ADAACM, des anciens combattants, des associations de Mémoire, des porte-drapeaux et de l'harmonie municipale . Après les prises de paroles de madame Claudine RAVANEL, co-présidente de l'ANACR 74 et de monsieur Antoine VALENTIN, Maire de la commune, plusieurs gerbes ont été déposées avant que les membres du Conseil Municipal des Jeunes ne déposent, à leur tour, à l'appel de chaque nom, une rose au pied des stèles nominatives.

Après la minute de silence, la Marseillaise et les remerciements aux porte-drapeaux, Madame Josiane GIROD,rescapée de la tragédie (2 ans au moment du drame) explique son vécu, celui de sa famille, en reprenant les écrits réalisés par un de ses frères. (Famille de sept enfants dont le père Jean GIROD, a été abattu ce soir-là).

Le Souvenir Français était représenté par le président du comité Vallée Verte - Quatre Rivière, de la vice-présidente et de nombreux membres.

Comité du Souvenir Français (74), Article du 29 January 2024
Stèle commémorative

Saint-Jeoires — Stèle commémorative du hameau de Pouilly

Saint-Jeoires — Stèle commémorative du hameau de Pouilly

En mémoire de

Robert Desbiolles Jean Carrier