Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Thonon - Stèles et plaques, les témoins muets d’une Libération héroïque

Entretien Stèles et plaques commémoratives Louis Champiot, combattant volontaire mort pour la France

Ce sont des témoins muets, les stèles ou les plaques disséminées dans la ville. Elles commémorent qu’il y a 78 ans, le 16 et 17 août, Thonon se libérait des occupants allemands. Commencé le 16 août à 6 heures, à Rives ou sont cantonnés des douaniers allemands, la Libération s’est terminée le 17 août, à 16 heures, au Sacré-Coeur, par la signature de la reddition du colonel allemand, Raefler. Au total, près de 750 soldats ont été faits prisonniers par les Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Les combats autour de Crète ont été plus meurtriers

La première plaque se trouve rue Saint Sébastien. Il suffit, pour la voir, de lever la tête. Le 15 août 1944, dans le café Mingard, aujourd’hui disparu, à l’angle de cette rue, l’état-major des Francs-tireurs donnait l’ordre de la libération de Thonon, par les armes.

Il faut ensuite se rendre à Rives, autour du Château, pour retrouver le nom de l’infirmier volontaire, Raymond Gros, qui est tombé rue du funiculaire et de Jean-François Cottet-Dumoulin, rescapé des Glières, abattu sur les marches d’un escalier, rue des Pêcheurs. Trois civils ont aussi trouvé la mort à Rives, en partie par imprudence, Henriette Moille, rue des Pêcheurs, Abel Henri, au Tornieux et Claudius Perroud, avenue du général Leclerc.

Les combats autour de Crète ont été plus meurtriers. On suit comme une trace sanglante, les noms de Jean Peillex, qui a conduit la traction des parlementaires, première tentative pour demander la reddition des Allemands du Sacré-Cœur. Puis plus haut, près de l’église des Capucins, celui de Claudius Plantaz et de Charles Noir, en face de l’école maternelle du Sacré-Coeur.

Dominant le collège, on retrouve ceux de Louis Gruillot et de Louis Champiot, rue Charles Buet. Rue des Harpes, non loin de l’entrée du bâtiment scolaire, Charles Giraud, du corps franc Bir Hakeim, installé à Bioge. Enfin, Marcel Michallet et Edmond Grisoni (17 ans), tués à l’entrée du Sacré-Cœur. Leurs noms sont inscrits sur une plaque apposée sur la maison des syndicats, chemin de Ronde.

Sur la place de Crète, une stèle dressée en bordure de la route rappelle le courage du volontaire suisse, Frédéric Amsler. Puis, sur un pilier de la porte d’entrée de l’Ehpad au chemin de la Ratte, Guy de Pontèves, de la compagnie AS Anjot. D’autres sont morts à l’hôpital, faute de connaître l’endroit où ils ont été tués, comme Marc Déturche, ou Lucien Foix. On découvrira leurs noms sur la façade de la mairie. Il faut ajouter deux plaques : celle de Maurice Marchand, chemin des Marmottés et de Louis Médard, chemin de la Ratte, des victimes civiles.

Tous ces témoignages de pierre rappellent cet épisode douloureux de la dernière guerre. Ailleurs, en Haute-Savoie, les redditions se sont déroulées sans bain de sang et parfois en, douceur comme à Évian. Quelques historiens pensent que cette libération, conquise les armes à la main, a fait réfléchir les occupants d’autres localités haut-savoyardes et les a poussés à se rendre.

La Haute-Savoie s’est libérée par elle-même : seule Thonon recevra la croix de guerre avec étoile d’argent en 1948, pour cet acte de bravoure.

EN MARGE DES CÉRÉMONIES

En marge des cérémonies de commémoration des libérations d’Évian et de Thonon, l’ANACR 74 (Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance), a honoré le souvenir avec ses enfants, réunis autour de la tombe de François Cettour-Rose. Ce dernier était le commandant de la compagnie FTP 93-09 d'Abondance, décédé en 2002.

Bernard Néplaz, de l’ANACR 74, a évoqué les hauts faits de ce résistant qui a participé à la Libération de Thonon. C’est lui qui a organisé le passage de la frontière aux aviateurs de la forteresse volante américaine, ayant atterri en catastrophe sur le plateau de Gavot. La cérémonie s’est terminée par un moment de recueillement, puis par la Marseillaise, entonnée acappella par la famille et les amis présents.

CE LUNDI 15 AOÛT

Ce lundi 15 août, a été commémoré le 78e anniversaire de la Libération de Thonon. Deux journées de combat pour obtenir la reddition de la garnison allemande, prélude à la libération du département, trois jours plus tard. L’allocution de la responsable de l’Amicale de l’Armée secrète, Nicole Baud, a retracé les grandes lignes de ces journées d’août 1944. Elles ont été, pour Thonon, très meurtrières avec 20 résistants et Thononais tués. Leurs noms ont été appelés par Katia Bacon et Guillaume Pachoux, avant les dépôts de gerbes. Cette cérémonie a été suivie par un public nombreux, rassemblé sur la place de la mairie, devant la stèle des résistants tués. L’évènement a été accompagné par les airs de l’harmonie chablaisienne et du Léman.

Gilles Bondaz, 15/08/2021
Entretien Stèles et plaques commémoratives