Frauli Henri Louis Juste — Mort Naturelle 06 Janvier 1891 à Laval (53) 24 Janvier 1981 à Munster (68) Médaille des justes parmi les nations / Biographie« Qui sauve une vie sauve l’humanité entière. » Par cette plaque, nous rendons hommage à Henri Frauli, un homme dont le courage, la discrétion et l’humanité ont permis de sauver des vies durant l’une des périodes les plus sombres de notre histoire : l’occupation de la Haute-Savoie, du 11 novembre 1942 au 19 août 1944, d’abord par les Italiens, puis par les Allemands. L’organisation d’une filière de sauvetage des Juifs à Cluses demeure encore aujourd’hui un épisode trop méconnu de la Résistance en Haute-Savoie. Pourtant, les recherches historiques menées ces dernières années montrent que notre territoire fut un maillon essentiel de la chaîne de solidarité qui conduisit de nombreuses familles persécutées vers la liberté. À partir de l’automne 1942, après l’occupation de la zone libre par les Italiens, la Haute-Savoie devient l’une des principales voies de passage vers la Suisse. À Cluses, une organisation clandestine se met progressivement en place. Elle ne repose pas sur une structure militaire, mais sur l’engagement d’hommes et de femmes qui choisissent de dire non à la barbarie. Au cœur de cette action se trouve Henri Frauli, contrôleur départemental du Service d’assistance aux réfugiés. Grâce à sa fonction, il repère les familles juives menacées, organise leur hébergement, leur procure une aide matérielle, facilite l’obtention de faux papiers et prépare leur passage vers la Suisse, en liaison avec des passeurs de confiance. À ses côtés, l’abbé Paul Chevallier, curé de Cluses, joue un rôle essentiel. Il accueille les personnes recherchées, leur offre nourriture, vêtements et réconfort, mobilise son réseau paroissial pour trouver des refuges et contribue à l’organisation des départs clandestins. Son presbytère devient un lieu d’espérance pour ceux qui fuient les persécutions. Autour d’eux se constitue une véritable chaîne de solidarité réunissant plusieurs prêtres de Haute-Savoie, notamment les abbés Camille Folliet, Abel Jacquet, Jean Rosay et Georges Neyroud, ainsi que le père Albert Simond. Ensemble, avec des guides de montagne, des familles d’accueil et de simples citoyens, ils organisent des passages nocturnes vers la Suisse, au péril de leur liberté et parfois de leur vie. Le fonctionnement de cette filière repose sur une organisation rigoureuse : repérer les réfugiés, les cacher, leur fournir de nouveaux papiers, préparer leur itinéraire, puis les confier à des passeurs connaissant parfaitement les sentiers de montagne. Chaque étape exige discrétion, confiance et courage. Parmi les personnes sauvées figure Vital Pollack, avocat juif de Marseille. Son témoignage est particulièrement précieux. Il raconte comment Henri Frauli et Régine Frauli l’ont accueilli, protégé et aidé à rejoindre la Suisse. Sa mère, trop âgée pour franchir immédiatement la frontière, fut cachée et assistée jusqu’à la Libération. À la fin de la guerre, Henri Frauli lui restitua l’intégralité des bijoux qu’elle lui avait confiés, témoignant ainsi de son honnêteté et de son profond désintéressement. C’est grâce au témoignage de Vital Pollack que l’action d’Henri Frauli fut officiellement reconnue. Le 23 avril 1975, l’institut Yad Vashem lui décerna le titre de Juste parmi les Nations, distinction décernée aux personnes non juives qui, au péril de leur vie, de leur liberté ou de leur sécurité, sauvèrent des Juifs persécutés pendant la Shoah sans rechercher de contrepartie. Henri Frauli n’était ni soldat ni chef de réseau. Son arme fut son sens du devoir, son courage moral et son refus de l’injustice. Il appartient à cette génération de femmes et d’hommes qui démontrèrent qu’un simple citoyen pouvait, par son engagement, sauver des vies et préserver l’honneur de notre pays. En lui rendant hommage, nous honorons tous ceux qui agirent dans l’ombre : les prêtres, les guides, les familles d’accueil, les paysans, les fonctionnaires et tous ces anonymes qui choisirent la fraternité plutôt que l’indifférence. Que leur exemple continue d’inspirer les générations futures. Car la mémoire n’est pas seulement le souvenir du passé : elle est aussi une exigence pour l’avenir. N’oublions jamais que, dans les heures les plus sombres de l’Occupation, Cluses et la Haute-Savoie furent aussi une terre de courage, de solidarité et d’espérance. Témoignage de Vital Pollack « Durant les années les plus sombres de l’Occupation allemande, alors que notre famille était traquée en raison de ses origines juives, Henri Frauli nous apporta une aide totalement désintéressée. Il savait parfaitement les risques qu’il encourait. Malgré cela, il accepta de nous protéger et de faciliter notre survie. Son intervention nous permit d’échapper aux recherches des autorités allemandes et de leurs collaborateurs. Jamais il ne demanda la moindre contrepartie. Il agit uniquement par humanité et par sens du devoir envers son prochain. Sans son courage, nous n’aurions probablement pas survécu à la guerre. Je considère qu’il a risqué sa propre vie pour sauver la nôtre et je souhaite que son action soit reconnue parmi celles des Justes qui ont honoré la France. » Ce que l’enquête de Yad Vashem a retenu Pour attribuer le titre de Juste parmi les Nations, la commission de Yad Vashem vérifie quatre critères : Une aide effective apportée à des Juifs menacés de déportation ; Un risque réel encouru par le sauveteur ; Une aide apportée sans aucune rémunération ; Des témoignages ou preuves concordantes. Le cas d’Henri Frauli répondait à ces critères, ce qui conduisit la commission à reconnaître officiellement son action. Importance historique Le témoignage de Vital Pollack est d’une valeur exceptionnelle. Il constitue la voix d’un survivant qui a souhaité, plusieurs décennies après les faits, faire reconnaître publiquement celui qui lui avait permis de vivre. Comme souvent dans les dossiers de Justes parmi les Nations, les sauveteurs avaient gardé le silence après la guerre. Ce sont les personnes sauvées qui ont entrepris les démarches afin que leur courage ne tombe pas dans l’oubli.
« Durant les années les plus sombres de l’Occupation allemande, alors que notre famille était traquée en raison de ses origines juives, Henri Frauli nous apporta une aide totalement désintéressée. Il savait parfaitement les risques qu’il encourait. Malgré cela, il accepta de nous protéger et de faciliter notre survie. Son intervention nous permit d’échapper aux recherches des autorités allemandes et de leurs collaborateurs. Jamais il ne demanda la moindre contrepartie. Il agit uniquement par humanité et par sens du devoir envers son prochain. Sans son courage, nous n’aurions probablement pas survécu à la guerre. Je considère qu’il a risqué sa propre vie pour sauver la nôtre et je souhaite que son action soit reconnue parmi celles des Justes qui ont honoré la France. »
Pour attribuer le titre de Juste parmi les Nations, la commission de Yad Vashem vérifie quatre critères : Une aide effective apportée à des Juifs menacés de déportation ; Un risque réel encouru par le sauveteur ; Une aide apportée sans aucune rémunération ; Des témoignages ou preuves concordantes. Le cas d’Henri Frauli répondait à ces critères, ce qui conduisit la commission à reconnaître officiellement son action.
Cluses - Plaque en Hommage à Henri FrauliLes Justes parmi les nations de Haute-SavoieLettre N°82 : Les Justes
Le Souvenir Français œuvre pour que vive la mémoire de notre Nation au travers de trois grandes actions :1La sauvegarde de la totalité des tombes des combattants Morts pour la France et éviter que tous les jours les restes de combattants rejoignent les fosses communes municipales suite à des sépultures tombées en déshérence.2Le maintien des cérémonies patriotiques locales aux coté des grand date nationale et ce,bien que le nombre d’anciens combattants diminuent chaque année.3Le développement des voyages mémoriels afin qu’aucun enfant de France ne quitte sa scolarité sans avoir découvert un lieu de notre mémoire nationale ou participer à une commémoration.Pour atteindre ces objectifs,nous avons besoin de vous !