Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Chapal Paul

Résistant — Juste parmi les nations
Aidé par sa femme Odette, le pasteur Chapal transforma le presbytère d’Annecy (Haute-Savoie), où ils habitaient, en asile pour les réfugiés, juifs ou non, qui, fuyant la France occupée, s’apprêtaient à franchir la frontière suisse.

Paul Chapal est le fils de Jules Chapal, né en 1866 et décédé en 1945 et de Éva née Viala, décédée en 1953. Il naît le 18 juillet 1898 à Saint-Hippolyte-de-Fort (30).

Son père, d’abord agriculteur, protestant eut un "réveil de la foi" en 1893. Il entreprend alors des études de théologie à Montpellier et devient pasteur. Il s’installe d’abord à Collioures (Pyrénées Orientales) puis à Aulas dans le Gard de 1914 à 1933. Sa mère, Éva, est institutrice privée.

La famille devient alors citadine et s’engage dans le fait religieux.Jules et Éva auront sept enfants dont trois seront pasteurs : Paul, André et Roger. Un quatrième, Émile, étudiant en théologie, se fera tuer à la guerre en 1917.

Paul Chapal, effectue ses études de théologie à la Faculté de Montauban puis à Montpellier. Il soutient sa thèse en 1923 (Comment prier ?). Il devient pasteur au Vigan (Gard) de 1923 à 1926 et épouse Odette Bruneton le 6 mai 1925. Il exerce ensuite son ministère à Lapras (Ardèche) de 1927 à 1934, puis à Annecy à partir de 1934. Il y restera jusqu'en 1954.

À partir de 1934, il se consacre à la haute vallée de l'Arve et aux malades des nombreux sanatoriums du Plateau d'Assy où il fait construire une chapelle et un foyer d'accueil.

Bien qu'il ne soit pas mobilisable en 1939, il s'engage comme aumônier militaire.

Pendant l’occupation, aidé par sa femme Odette, le pasteur Chapal transforme le presbytère d'Annecy (Haute-Savoie), où ils habitent, en asile pour les réfugiés juifs et les résistants français et étrangers. Membre de la CIMADE, réseau protestant de sauvetage, le presbytère devient un relais entre la France de Vichy et la Suisse.

Le presbytère devient un point de passage obligé pour les filières clandestines venant des Cévennes ou du plateau Vivarais-Lignon et du Chambon, utilisant par la suite soit l'itinéraire par la haute-montagne (Megève, col du Vieux), soit celui par la plaine en direction de Saint-Julien-en-Genevois, Bossey, Gaillard et Ville-la-Grand.

Sa femme Odette utilisa le savoir acquis lorsqu’elle était chef de section dans le mouvement des Guides de France pour venir en aide aux réfugiés. Claude Spire, une réfugiée qui vécut à Annecy d’août 1940 à 1945, était une camarade de lycée et une très bonne amie de Jeannie, l’aînée des cinq enfants des Chapal.

Elle évoqua après la guerre la façon dont Odette avait résolu le probléme des enfants hébérgés dans le grenier ou la cave du presbytère, et qui n’en pouvaient plus d’être enfermés. Odette avait créé pour eux un corridor externe. Tendant des cordes à linge pour délimiter un passage, elle y suspendait draps et couvertures, maintenus au sol par des grosses pierres, de façon à dissimuler même les pieds des enfants. Jeannie et Claude sortaient ainsi les enfants, ce qui les calmait.

La maison était ravitaillée chaque jour en nourriture grâce à des amis. On disait aux voisins que c’était pour des invités. Jeannie participait activement aux opérations de secours menées par ses parents. Le pasteur et sa femme refusèrent avec modestie la médaille des Justes, disant à leurs enfants qu’ils n’avaient fait que leur devoir pendant l’Occupation.

Outre l’aide apportée aux familles juives, Paul Chapal accueille et cache également des réfractaires.

Les deux frères de Paul Chapal sont également pasteurs. André a été successivement responsable de plusieurs paroisses en Ardèche, à Marseille, puis à Tarnac dans le Gard, tandis que Roger, en poste dans la Drôme, assisté de très près aux combats du Vercors. Quant à ses sœurs, elles resteront toutes trois célibataires. Alice, institutrice, sera résistante pendant l’occupation, Julie, atteinte de rhumatismes déformants, s’occupe de ses parents, jusqu’au bout et Marguerite, est totalement impliquée dans un foyer d’accueil pour jeunes filles.

Paul Chapal sera honoré de la Légion d’Honneur et de la Médaille de la Résistance.

Le pasteur et sa femme refusèrent par modestie la médaille des justes, disant à leurs enfants qu'ils n’ont fait que leur devoir pendant l'Occupation.

Le pasteur Paul Chapal fut décoré de l'ordre d'Orange-Nassau par la Hollande pour avoir sauvé des pilotes ayant fait un atterrissage forcé en France.

Paul est mort, en janvier 1975, d’une grippe banale. Il avait 76 ans

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