Du 5 au 13 février les Allemands lancèrent leur première grande offensive contre les maquis de l’Ain et du Haut-Jura, dénommée Opération Korporal ou Caporal.
Le 10 février les forces nazies commandées par Klaus Barbie et composées d’une compagnie de la Wehrmacht, d’une section de SS, d’un groupe de policiers de la Gestapo et de miliciens français attaquèrent le secteur de Seyssel, agglomération de deux bourgs contigus situés l’un en Haute-Savoie et l’autre dans l’Ain, à partir du second. Ils firent régner la terreur dans le secteur de Bellegarde, Seyssel et Génissiat.
En tout, 10 personnes ont été abattues, 23 ont été déportées, dont trois Seysselanes. Ils ne seront seulement que cinq à revenir chez eux.
La Gestapo, aux ordres de Klaus Barbie en personne qui a établi son P.C. à la poste de Seyssel-Ain, procéda à de très nombreuses arrestations. La police allemande recherchait des résistants, souvent syndicalistes ou communistes travaillant au barrage de Génissiat ainsi que des responsables de la Résistance dont elle a les noms par des miliciens et des collaborateurs. Cette opération de police fit 11 victimes exécutées sur place ; 18 habitants furent déportés dont cinq reviendront.
Mémorial
Victimes
- André Ferrouillet fut arrêté le vendredi 11 en même temps que Joseph Borcier et son fils Lucien Borcier, alors qu’il se trouvait au domicile du négociant en bestiaux. Il fut un temps gardé au groupe scolaire avec d’autres détenus et le soir, les Allemands l’emmenèrent avec François Bovagne, Lucien Borcier et Joseph Borcier à la ferme de ce dernier, au hameau de Mérald. Ils ordonnèrent à la femme de Joseph de partir avec sa fille Christiane (11 ans), puis ils abattirent sauvagement leurs prisonniers. Pillage, vandalisme dans la ferme qu’ils incendièrent ensuite.
- René Laplace avait été exécuté dans la matinée. Avant de quitter la commune, les nazis exécutèrent encore Robert Bonfils, Francis Terrier, Joseph Innocenti, Manuel Palomino, Louis Mathieu et un inconnu. De nombreuses personnes furent déportées et certaines ne reviendront pas dont Marie Borcier et sa fille Simone Borcier, Henri Chautagnat et Charly Vincent. Le drame de Seyssel fit 15 victimes.
Auteurs
Troupes nazis venues de Lyon, aux ordres de Klaus Barbie et gestapo
SOURCE : Mémorial de l'oppression, fonds du service du Mémorial de l'oppression et de la délégation régionale du Service de recherche de crimes de guerre ennemis (SRCGE), 1940-1944 : 3808 WID14857 — Le fonds du Mémorial de l'oppression rassemble les archives produites par le service du même nom, rattaché au commissariat de la République de la région Rhône-Alpes. Ce service devient, par ordonnance du 14 octobre 1944, la “délégation régionale du Service de recherche des crimes de guerre ennemis (SRCGE)”, dépendant du ministère de la Justice.