Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Une plaque à l’aiguille en souvenir de la bataille du col du Midi

René Bozon qui, à l’âge de 18 ans, a participé à la bataille du col du Midi était présent, aux côtés de Chasseurs alpins, à l’inauguration de cette plaque commémorative installée sur la terrasse des Cosmiques.

L’École militaire de haute montagne et la Compagnie du Mont-Blanc ont inauguré vendredi 27 janvier, en haut de l’aiguille du Midi, un panneau retraçant les combats ayant eu lieu en 1945 au col du Midi.

Soucieux de rendre à la nature les portions de montagne où de vieilles installations subissaient les affres du temps, Mathieu Dechavanne ne savait pas qu’il s’apprêtait à supprimer les traces d’une bataille d’altitude historique. « Nous nous étions engagés à nettoyer le col du Midi de son vieux téléphérique. Je pensais naïvement bien faire », confessait vendredi 28 janvier, le PDG de la Compagnie du Mont-Blanc, rappelé à l’ordre par le spécialiste de l’histoire locale Pierre Louis Roy. « Est-ce que tu es conscient de ce que tu es en train de faire ? », lui avait-il demandé, pointant l’importance de conserver la mémoire de ce que furent les affrontements les plus hauts d’Europe, pendant la Seconde Guerre mondiale.

René Bozon, « un exemple de longévité et d’humilité »

La prise de conscience qui suivit poussa la Compagnie du Mont-Blanc et l’École militaire de haute montagne (EMHM) à imaginer un panneau commémoratif narrant les combats du col du Midi, qui opposèrent les Allemands aux Français, quelques mois après la libération de Chamonix. Un projet qui s’est accéléré avec les 90 ans de l’EMHMet qui s’est concrétisé ce 27 janvier, lorsque René Bozon, dernier témoin de ces affrontements au sommet, s’est rendu au sommet de l’aiguille du Midi, du haut de ses 97 ans, pour inaugurer un écriteau vissé sur la terrasse des Cosmiques. Un moment chargé d’émotion pour tous les Chasseurs alpins ayant participé à cette cérémonie solennelle.

« Nous continuons d’enseigner cette bataille à tous les Chasseurs alpins que nous formons. C’est la preuve que des combats armés peuvent se produire dans un milieu aussi exigeant avec des conditions d’hiver rudes », expliquait le colonel Lionel Mayade, qui commande depuis un peu plus de six mois l’EMHM. « Une bataille tactique et symbolique comme celle-ci peut à nouveau se dérouler. Elle résonne tout particulièrement chez les troupes de montagne, qui savent que dans ce genre de situation, elles ne domineront pas le monde, mais qu’elles peuvent dominer leur adversaire », ajoute l’officier admiratif de René Bozon et de sa vitalité. « Pour nous tous, c’est un exemple de longévité et d’humilité », confiait-il avec le plus grand respect.

Ce dernier, pour qui se rendre à 3 842 mètres d’altitude n’est toujours pas un problème, a ensuite évoqué ses souvenirs de jeune résistant, puis de spécialiste radio chargé d’organiser les communications entre le centre de Chamonix et les postes avancés d’altitude. Un moment de partage et de mémoire poignant pour toute l’assemblée présente sur la terrasse des Cosmiques, d’autant que le Chamoniard natif du quartier des Pèlerins, a rappelé le danger que représente le retour de la guerre aux portes de l’Europe.

Désormais, le visiteur attentif de l’aiguille du Midi pourra, tout en profitant du paysage majestueux qui s’offre à lui, songer à ce 17 février 1945, au col du Midi, lorsque 24 Français affrontèrent 40 Autrichiens et à ce 9 avril, lorsque deux canons en batterie près de l’observatoir

Baptiste SAVIGNAC, 29 jan. 2023