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« C’est la deuxième année où je participe. C’était souhaité par le Souvenir français national et, étant président départemental, je me devais d’être là. Depuis 2018, nous honorons les morts pour la France, notamment ceux de 14-18, le 11 novembre, et ceux de 39-45, le 8 mai, avec le fleurissement des tombes avant les cérémonies officielles. »
« Il a d’abord fallu repérer l’ensemble des tombes. Il m’a paru important d’expliquer qui étaient ces gens, pourquoi et comment ils étaient morts. On ne dépose pas des fleurs pour déposer des fleurs. Ils avaient une famille, des parents, des enfants, ils étaient parfois mariés. Il faut retracer un peu leur vie et redonner du sens à ces gestes. »
« Oui, les tombes fleuries par la municipalité doivent être en bon état. On a procédé au nettoyage et à la remise en état pour que ces victimes soient vraiment honorées. La première tombe que j’ai pu sauver à Cluses devait être relevée, c’est-à-dire supprimée, avec un transfert des ossements en fosse commune. Pour un soldat, c’est important de préserver ce lieu. »
Ce sera une visite patriotique, avec des éléments biographiques et des anecdotes. On explique aussi la symbolique. Sur certaines tombes, il est écrit “en mémoire de” ou “en souvenir de”, ce qui signifie que le corps n’est pas enterré à cet endroit. » Des exemples marquants ?
« Oui, il y a Cotterlaz-Carrat, déporté et mort à Ravensbrück. La famille a tout de même créé un lieu de recueil. Il y a aussi celle de Moret, mort en Turquie, ou celle de Thabuis, avec une hélice car c’était un aviateur abattu en 1940. »
« Je me suis demandé ce qu’étaient devenus les soldats morts au combat au fil des siècles. Pendant longtemps, ils étaient placés dans des fosses communes. Ce n’est que progressivement, avec certaines civilisations, que l’on accorde des sépultures, souvent réservées aux élites. » Quand le regard évolue-t-il ?
« Avec Louis XIV qui a créé les Invalides, puis surtout à la Révolution, où l’on reconnaît les soldats citoyens. Napoléon va, lui, créer l’ordre de la Légion d’honneur et protéger ses grognards. À partir de 1915, les familles ne peuvent plus récupérer les corps. Ce n’est qu’en 1919 que cela redevient possible, et c’est aussi à ce moment-là que l’on voit apparaître les monuments aux morts dans la plupart des communes. »
« Elle doit être reconnue officiellement par le régiment. C’est à ce moment-là que l’on peut apposer une cocarde tricolore. Je refuse de le faire si la personne n’est pas morte pour la France, car cela dévalue la notion. »
« Quelqu’un qui est mort pour la France n’a pas demandé à mourir. Dans mes missions, la sauvegarde de ces tombes est celle qui me touche le plus. J’ai quitté l’Algérie à 11 ans, j’ai vécu des choses difficiles, des attentats, des fusillades. J’ai toujours eu une passion pour l’histoire. Cela fait plus de 50 ans que je suis à Cluses. J’essaie de rendre à la collectivité ce qu’elle m’a donné. »
« Il y a des tombes remarquables, comme celle de Firmin Guy, le maire qui a reconstruit Cluses après l’incendie de 1844, ou la stèle brisée à la mémoire des victimes de l’usine Crétiez. Aujourd’hui, il y a des tombes monumentales et beaucoup en granit et en marbre, alors que les anciennes tombes disparaissent progressivement. »
Le DauphinéNathalie Sarfati, 5 mai 2026
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