Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
menu

Raymond Grimberg veut rendre hommage à un grand résistant

Le 30 juillet 2016, a été inauguré, à la Balme-de-Sillingy (Haute-Savoie) une place “Capitaine Lucien Mégevand”, en présence de la famille de celui-ci et de Raymond Grimber, un des deux derniers survivants du maquis de la Mandallaz. Photo Le DL/Christian LACOTE

Depuis la Gironde, où il s’est retiré au crépuscule de sa vie, Raymond Grimberg a voulu entamer un dernier combat. Rendre hommage à un homme qui fut son chef dans la résistance au printemps et à l’été 1944. Lucien Megevand pour l’état-civil, “capitaine Pan-pan” dans l’Armée des ombres.

À travers cet homme, Raymond Grimberg, entend raviver le souvenir de l’Armée d’armistice, dont on célèbre, ce mois-ci, le 75e anniversaire de la dissolution. Une armée qui compta dans ses rangs, au cours de sa brève existence, quelques milliers de militaires de carrière, officiers et sous-officiers rescapés de la débâcle et que l’on a retrouvés ensuite dans la résistance.

Raymond Grimberg, aujourd’hui âgé de 90 ans, n’était qu’un adolescent au moment de la déclaration de guerre. Ce jeune juif d’origine alsacienne, fils unique, habitait Paris où son père dirigeait une fabrique de chaussures. Après la rafle du Vel d’Hiv, en 1942, ses parents décident de se mettre au vert. Il se réfugie avec sa mère à Saint-Jorioz, en Haute-Savoie, et intègre le lycée Berthollet à Annecy. Son père a choisi de rester à Paris pour protéger l’usine. Mal lui en a pris. En 1943, il est arrêté puis déporté. Il disparaîtra dans le Nacht und Nebel qui a englouti près de 6 millions de ses semblables et Raymond ne saura jamais ce qui lui est arrivé.

Cette même année, un copain de lycée prévient Raymond que le proviseur du lycée a des soupçons sur lui. Le jeune homme comprend qu’il vaut mieux prendre la poudre d’escampette.

Il se fait employer comme domestique de ferme et, au hasard d’une conversation, rejoint le maquis de la Mandallaz, au lieu-dit La Balme, sur la commune de la Balme-de-Sillingy. « Mon chef direct était Robert Contat, mais le commandant du groupe, fort de 400 hommes environ, était Mégevand. Moi je n’étais qu’un gamin de 17 ans qui suivait le mouvement. J’étais chargé de l’ouverture et de l’inventaire des containers. »

Né à Chambéry en 1916

Mégevand, né à Chambéry, en 1916, était un peu le symbole de ces officiers de l’Armée d’armistice. Sergent au 27e BCA, il avait participé à la campagne de Norvège et rejoint la résistance où il avait été promu capitaine.

Responsable du Grand Annecy pour l’Armée secrète, et du Service aviation et parachutage (SAP), il a obtenu la reddition de la garnison allemande de la caserne des Chasseurs à Annecy le 19 août 1944. « J’y étais, même si je suis arrivé alors que tout était déjà terminé », raconte Raymond.

« Certains ont dit que cela n’avait été qu’une échauffourée et que les Allemands étaient décidés à se rendre. Toujours est-il que Megevand a obtenu leur reddition sans verser le sang, si ce n’est celui de quatre agents de la Gestapo… et le sien, puisqu’il fut grièvement blessé par leur chef ce jour-là. »

Après Annecy, Raymond a participé au combat meurtrier de Saint-Pierre-d’Albigny. En septembre 1944, il est retourné vivre à Paris avec sa mère. Représentant chez l’Oréal puis après avoir créé une société de cadeaux d’entreprise, il coule aujourd’hui des jours paisibles à Lacanau.

Lucien Mégevand, lui, est décédé en 1996. Raymond l’a revu une seule fois. Mais le 30 juillet 2016, il a obtenu que soit inaugurée une place capitaine Megevand à la Balme-de-Sillingy. Il aimerait aujourd’hui qu’il en soit de même à Annecy.

Lieu de mémoire en lien avec Raymond Grimberg veut rendre hommage à un grand résistant
 Stèle Lucien Mégevand

Stèle Lucien Mégevand

Détail

Chaque année une cérémonie commémorative en l’honneur des quatre maquisards du Maquis de la Mandallaz, tombés au combat lors de l’attaque du 30 juillet 1944.

Lieu : La Balme-de-Sillingy