Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Qui sont les cinq Poilus “fusillés pour l’exemple” durant la Grande Guerre ?

Ferdinand-Louis Inclair est « fusillé pour l’exemple » en 1914 avant d’être réhabilité en 1934. Sa tombe devient même un lieu de pèlerinage en étant fleurie en masse par les combattants de passage

L’expression de “fusillé pour l’exemple” désigne un militaire exécuté après un jugement militaire autant pour un délit précis que dans un souci d’exemplarité pour maintenir l’obéissance des troupes. Les historiens estiment que 655 soldats ont été fusillés ainsi, dont cinq Haut-Savoyards.

Deux fantassins du 30e régiment d'infanterie d’Annecy sont passés ensemble par les armes le 12 septembre 1914 après la retraite française d’Alsace, mais ces sanctions sont très douteuses : l’automutilation présumée de Gathier, horloger à Cluses, n’est pas clairement établie, car il aurait perdu un doigt lors d’une terrible charge à la baïonnette.

L’“abandon de poste devant l’ennemi” reproché à Inclair, cultivateur à Sallanches, constitue une erreur judiciaire flagrante selon les témoins oculaires. Il devient dès la guerre un symbole de l’inhumanité des conseils de guerre, et sera acquitté de manière posthume par la Cour spéciale de justice militaire en 1934.

Le caporal au 158e régiment d'infanterie Chappaz, scieur à Thorens, est exécuté, lui, le 23 novembre 1914 en Artois. Le conseil de guerre l’accuse d’“abandon de poste en présence de l’ennemi” car il s’est enfui lors d’une attaque allemande en abandonnant ses hommes. Puis deux récidivistes sont sanctionnés pour “désertion en temps de guerre” : le fantassin au 149e RI Gerbex, un boucher originaire de Reignier, est exécuté le 3 juin 1915 dans la Marne.

Le fantassin Bussat au 97e RI, cultivateur à Présilly, est fusillé le 6 juin 1916 en Lorraine. Ces deux soldats avaient d’abord obtenu la clémence de la justice militaire, mais leur récidive scelle leur sort.

Sebastien CHATILLON, Article du 9 février. 2023