Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Une dizaine de poilus savoyards “fusillés pour l’exemple”

Monument de Suippes (Marne) par l’artiste Melden, inauguré en 2007 afin d’honorer la mémoire de 4 caporaux fusillés « pour l’exemple »

Entre 1914 et 1917, des poilus savoyards ont été “fusillés pour l’exemple”. Un seul a été réhabilité à titre posthume c’est le soldat Ferdinand-Louis Inclair, à Sallanches. Retour sur ces exécutions durant la Grande Guerre.

La moitié “fusillés pour l’exemple” le sont dès l’année 1914, dans un contexte de forte pression de la hiérarchie militaire.

Le chasseur alpin Royer, meunier originaire du Bourget-du-Lac servant au 14e BCA, est fusillé dans les Vosges le 4 septembre pour “abandon de poste devant l’ennemi” et “mutilation volontaire”.

Puis deux fantassins haut-savoyards du 30e RI d’Annecy sont passés ensemble par les armes le 12 septembre après la retraite française d’Alsace, mais ces sanctions sont très douteuses : l’automutilation présumée de Gathier, horloger à Cluses, n’est pas clairement établie, car il aurait perdu un doigt lors d’une terrible charge à la baïonnette.

"L'abandon de poste devant l'ennemi" reproché à Ferdinand INCLAIR, cultivateur à Sallanches, constitue une erreur judiciaire flagrante selon les témoins oculaires. Il devient nt dès la guerre un symbole de l'inhumanité des conseils de guerre. Sa tombe devient même un lieu de pèlerinage en étant fleurie end masse par les combattants de passage. La spéciale de justice militaire l'acquittera de manière posthume en 1934

Le fantassin ROLLET, un cuisinier originaire de Villargondran et mobilisé au 97e RI de Chambért, est passé par les armes le 6 novembre 1914 pour "désertion et pillage au front t" car il a été surpris, habillé en civil, en train de cambrioler une maison dont les habitants ont été évacués.Pour sa part, le caporal au 158e RI CHAPPAZ, scieur à Thorens, est fusillé le 23 novembre 1914 en Artois. Le conseil de guerre l'accuse "d'abandon de poste en présence de l'ennemi" car il s'est enfui lors d'une attaque allemande en abandonnant ses hommes.

Le marsouin MAURIN, mécanicien chambérien servant au 36e RIC de Lyon et une forte tête accusé de vol et de désertion… Mais ses voies de faits envers un supérieur sont le délit de trop : il est fusillé le 26 novembre 1914 en Meurthe-et-Moselle.

Puis le rythme des exécutions diminue les années suivantes et leus motifs sont mieux établis. L'adjudant Aixois Casanova est militaire de carrière au 297e RI de Chambéry. Mais il a semble-t-il flanché durant la bataille des Voges en 1915 : accusé d'abandon de poste devant l'ennemi", il est fusillé dans le Haut-Rhin le 23 mars 1915.

Puis deux récidivistes sont sanctionnés pour "désertion en temps de guerre" : le fantassin aux 149e RI GERBEX, un boucher originaire de Reignier, est exécuté le 3 juin 1915 dans la Marne ; le fantassin BIUSSAT au 97e RI, cultivateur à Présilly, est fusillé le 6 juin 1916 en Lorraine; Ces deux soldats avaient d'abord obtenu la clémence de la justice militaire mais leur récidive scelle leur sort.

En 1917, le fantassin GALLET, charbonnier à Chambéry, soldat ay 30e RI, est un habitué des désertions ? Après une sixième fuite en tenue usurpée de zouave menu d'un faux titre de permission, il est fusillé pour "désertion devant l'ennemi" dans l'Aisne le 2 novembre 1917, sans lien avec les fameuses mutineries.

L'année 1918 connaît une diminution des la pression disciplinaire, qui s'illustre par l'absencence de peine capitale en l'encontre de savoyards.

Sébastien CHATILLON CALONNE, Article du 15 jan.2022