Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Marignier — ll y a 82 ans, à l’usine du Giffre, des hommes se sont sacrifiés pour la liberté

32015,Un dépôt de gerbe au mémorial par le sous-préfet Stéphane Donnot. Photo F.B.,

Le 1er avril 1944, l’usine du Giffre fut le théâtre d’un drame marqué de la barbarie nazie, qui ne doit pas sombrer dans l’oubli. Chaque année, on se rassemble pour rendre hommage à ces résistants fauchés en pleine jeunesse.

« Il est des endroits où la terre se souvient : le Giffre est de ceux-là. […] Tout ici porte une mémoire que les mots atteignent mal. […]. Ce qui me frappe, c’est moins l’héroïsme – mot commode qui met les gens à distance – que l’humanité ordinaire de ces hommes qui ont fait un choix, ici, sur ces berges […] : le refus de considérer l’inacceptable comme l’inévitable. » Ainsi s’exprimait Sonia Gervois, maire de Saint-Jeoire, le 4 avril, lors de la commémoration de la tragédie.

Son propos faisait écho à d’autres, prononcés d’abord par Jean-Philippe Renard, président départemental de l’Anacr (Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance) devant la stèle des fusillés honorant la mémoire de René Dorioz, Joseph Baud, Angel Deiana, tombés avec le résistant Henri Plantaz, recherché par la Gestapo.

« Se souvenir aujourd’hui, […], c’est rappeler que la liberté a un prix et que ce prix fut payé par des hommes simples, courageux, souvent anonymes », déclarait Jean-François Bocquet, délégué général du Souvenir Français 74. Cette cérémonie a rassemblé une nombreuse assistance, à laquelle s’est associée la jeunesse.

Les élèves de l’école du Giffre ont lu le poème de Robert Desnos Ce cœur qui haïssait la guerre  ceux de l’école Gripari et les collégiens de Camille-Claudel ont porté de leurs voix l’ Appel pour la paix d’Esther Dzik-Senot, survivante de la Shoah. Le moment qui a clôturé cette cérémonie reste un temps fort : les noms des 31 déportés gravés dans la pierre du mémorial sur le site de l’ancienne usine, fleuris un par un par les jeunes.

Fabienne Boisier, 6 avril 2026
Lieux de mémoire en lien :
 Stèle Henri Plantaz

Stèle Henri Plantaz

Détail

Au printemps 1944, les Allemands ne se présentaient plus qu’en nombre dans la vallée du Giffre. L’action de la Résistance s’y révèle implacable et les entraîne à rechercher tout particulièrement Henri Plantaz, l’un des derniers cadres de l’Armée secrète dans le secteur. Le samedi 1er avril, les soldats de la Wehrmacht envahissent l’usine du Giffre et les hameaux alentours. Au cours de cette rafle, Henri Plantaz, 23 ans, tombe sous les balles allemandes.

Lieu : Marignier

 Mémorial des déportés du Giffre

Mémorial des déportés du Giffre

Détail

Le mémorial des déportés du Giffre réalisé par Fernand Deschamps rend hommage aux trente personnes qui ont été arrêtées le 1er avril 1944 à l’usine du Giffre puis déportées dans les camps de Buchenwald.

Lieu : Marignier

 Stèle des fusillés

Stèle des fusillés

Détail

Stèle des fusillés du Giffre rend hommage à Joseph BAUD, René DORIOZ et Angel DEÏANA, fusillés le 1er avril 1944 à Marignier

Lieu : Marignier