Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Emmanuel Macron : « Les Glières, une lumière dans l’obscurité »

Le président de la République (au centre), entouré de la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet et du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a été accueilli par le président de l’Association des Glières, Gérard Métral et Martial Saddier, président du Conseil départemental, qui gère le site (à gauche). Le préfet et les parlementaires étaient également présents : Antoine Armand, député de la circonscription, mais aussi Virginie Duby-Muller, Véronique Riotton, Loïc Hervé, Sylviane Noël. Photo Le DL /Greg Yetchmeniza

Une solennité confinant à la pudeur, un devoir de transmission exacerbé et un message de paix et de fraternité délivré en écho à la situation actuelle du monde. S’il ne fallait retenir que trois choses de la commémoration du 80e anniversaire des combats des Glières, qui s’est tenue dimanche 7 avril à la Nécropole nationale de Morette, ce seraient celles-ci.

D’abord parce que le lieu, où reposent pour l’éternité 105 combattants du maquis, est un sanctuaire qui inspire le plus profond des respects ; ensuite parce qu’il s’agissait du premier rendez-vous de cette ampleur sans la présence d’aucun rescapé ( le dernier, Jean Isaac-Tresca, est mort en 2022 ) ; enfin parce qu’Emmanuel Macron, qui a présidé l’hommage, a plusieurs fois souligné l’importance de l’unité de la nation dans son discours.

Pour ce faire, le chef de l’État avait choisi d’humaniser son propos. De l’incarner. Ceci en convoquant l’esprit de Vallette d’Osia, de Tom Morel et de Maurice Anjot, éternelles figures de ce tragique hiver 1944, mais pas seulement. « Il y avait aussi Bernard, le garde mobile qui avait déserté son unité vichyste pour la Résistance, et Launnoy, l’étudiant de 19 ans qui ne finit jamais ses études, et Francis Favre, et Gilbert Lacombe, et Charles Palant… » a rappelé le Président, égrenant leurs noms comme on présente une famille.

Il a aussi redit que les Glières, « c’était des ouvriers, des professeurs, des paysans, des notables, des juifs et des catholiques, des socialistes et des gaullistes ». Bref, une diversité d’horizons unis par une même cause : vivre libre ou mourir. Cette devise, le président de la République l’a répété cinq fois, en faisant « un viatique pour hier, aujourd’hui et demain ».

De son côté, Gérard Métral, président de l’association des Glières, a mis en lumière le troisième terme de notre pacte républicain : la fraternité. « Si les Glières ont été une lumière dans l’obscurité, c’est parce que des Français, des Espagnols, des Italiens, des Polonais et même des Allemands ont su vivre ensemble. Ils étaient des frères dans la nuit, des hors-la-loi, des terroristes qui ont su dire “non”. »

Une mémoire offerte à tous ceux qui veulent s'en emparer

Il a aussi indiqué, maintenant qu’il n’y a plus aucun témoin direct de ces combats, que « cette mémoire [était] désormais offerte à tous ceux qui voulaient s’en emparer ».

Un message parfaitement compris par les quelque 600 élèves du département présents. « La paix est une valeur essentielle, tout comme la fraternité. Et toutes deux sont aujourd’hui entre nos mains », a ainsi scandé Mathis, scolarisé à Thônes, avant d’entonner le chant des partisans aux côtés de ses camarades.

Jean-Baptiste Serron, Article du 7 avril 2024
Nécropole

La Balme-de-Thuys — Nécropole militaire nationale de Morette

Les corps de 105 résistants, principalement des combattants des Glières, sont inhumés au cimetière de Morette dès avril 1944. Inauguré par Vincent AURIOL en 1947, ce cimetière militaire devient la Nécropole nationale des Glières en 1984, classé monument historique en 2015. Il est géré par l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.