Seyssel — Commémoration 2026 des évènements tragiques des 11 au 13 février 1944De loin, par ces événements tragiques de février 1944. Et les derniers témoins, notamment Roger Lépini, qui est à nos côtés ce matin, et on aura également une pensée pour Ginette Aran. Merci à tous d'être là aujourd'hui. Votre présence est un signe fort. Ce souvenir, c'est refuser l'oubli, c'est transmettre aux générations futures l'histoire de notre territoire, afin que jamais ne s'effacent les sacrifices, les douleurs et les espoirs qui ont façonné notre présent. Car ici, en ce mois de février 1944, les habitants vont connaître en effet la terreur. Un an plus tôt, le 27 mai 1943, se tient le premier conseil national de la résistance, présidé par Jean Boulin. Le délégué du Général de Gaulle. L'action de la résistance prend alors réellement son effort, son essor. À Seyssel et dans toute la région, les jeunes ont déjà pris les armes et ont rejoint le maquis. Ils ont trouvé la force d'esprit de s'opposer au régime en place, au péril de leur vie. Ces jeunes gens ont partagé leurs connaissances, ils ont improvisé, ils ont pris des risques insensés. Ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont pris des risques insensés. Ils ont pris des risques insensés, ils ont pris des risques insensés. Ils ont pris des risques insensés, ils ont pris des risques insensés. Ils ont pris des risques insensés, ils ont pris des risques insensés. Ils ont pris des risques insensés, ils ont pris des risques insensés. Ils ont appris à fabriquer des bombes, ils ont découvert comment se rendre invisibles, ils ont dû mentir. Nous savons combien le danger était grand pour chacun, pour chaque famille. La délation pouvait se cacher à chaque coin de rue. Mais le cœur de ces femmes et de ces hommes leur dictait de réagir, de se battre et de tout donner pour la liberté. Car au fond d'eux-mêmes, c'est la liberté. Au fond d'eux-mêmes, ils savaient qu'ils visaient le bien. Seyssel 1944, la tragédie. Tout est calme à Seyssel et dans ses environs. Jusqu'alors, la commune n'avait connu aucune tragédie. Pourtant, depuis le début du mois de février 1944, des exactions allemandes sont signalées dans le département et dans le Val-Romain. À Seyssel, malgré les rumeurs, la population reste confiante. Mais certains s'inquiètent. Les miliciens sont nombreux dans la commune et connaissent les sentiments patriotiques qui animent les résistants et leurs sympathisants. Jeudi 10 février 1944, il fait froid, il a neigé toute la nuit. 30 cm de neige recouvre les rues de Seyssel. Soudain, les allemands arrivent. Ils viennent de Belgarde, Vénitia, Channay, Gigné, Corbonneau, Culloz, Anglefort, guidés par des miliciens locaux. Parmi eux, une compagnie de la Wehrmacht, une section de SS, des miliciens et des policiers de la Gestapo, commandés par Klaus Barbie. Dans chaque village traversé, des rafles ont lieu. Les hommes sont rassemblés sur les places. Ceux soupçonnés d'aider la résistance sont arrêtés. Les allemands savent exactement où ils vont. Ils frappent aux bonnes portes. Ils installent d'abord leur commandant tour à l'hôtel du commerce à Seyssel. Puis très vite, ils s'installent ici au groupe scolaire Jules Poissard, qui devient leur quartier général. La Gestapo agit sur des listes établies par les miliciens du canton. Un ancien chef de camp espagnol du chantier de génissiards en uniforme de Waffen-SS guide les arrestations. Les familles Borsier, François Bovan, chef de réseau, Fernand Moriraz, membre de la résistance, Francis Terrier qui cache les réfractaires STO, et bien d'autres sont visés. La rafle commence. En début d'après-midi, des camions arrivent devant un café-restaurant de monsieur M. Moriraz. Le bâtiment est cerné. Mitraillettes à la main, soldats, SS, miliciens et Gestapo envahissent les lieux. Les personnes recherchées ont fui le matin même. À leur part représaillent les arrêtes Marie, Juliette, enceinte, leurs enfants, dont un bébé de 2 ans, et une fillette de 8 ans. Dans le camion se trouve aussi Henri Chotagnard, réfractaire au STO. Tous sont conduits à la commande en tour et enfermés dans les coffres de l'école. Un peu plus tard, René Laplace, employé réquisitionné, tente de fuir dans la neige. Il était battu sans sommation près de l'école. C'est le premier mort de ses sœurs. Leur mari est mort. Leur père est mort. Leur mère est morte. Les quatre hommes sont ramenés à la ferme. Des rafales de mitraillettes éclatent. Ils sont fusillés dans la cour. La ferme est pillée, puis incendiée. Seyssel compte alors 5 morts. Francis Perrier est arrêté à son tour. Il est torturé, mais ne parle pas. Il est fusillé. contre 6 morts. Samedi 12 février 1944, la neige recouvre toujours la région. En chemin vers l'école, des habitantes découvrent des corps dans la neige. Robert Bonfils, Joseph Innocenti, Manuel Palomino, Louis Mathieu et un inconnu. La liste des morts s'allonge. Trop longue. Beaucoup trop longue. Dimanche 13 février, après 4 jours de terreur, Seyssel compte 11 fusillés. Les détenus sortent des cadres de l'école. Ils sont chargés dans des camions, conduits à la gare, puis entassés dans des wagons bestiaux. Ils partent vers une destination inconnue, dans le froid. Avec pour seul bagage, les vêtements qu'ils portent. Pour ceux qui restent, la stupeur, les larmes, le silence. Pour ceux qui partent, le chemin vers l'enfer commence. Celui de la déportation. Seules 5 personnes reviendront. La déportation frappa les résistants, les opposants politiques, les juifs, les tziganes, les personnes handicapées, les homosexuels. Au temps de vie brisée par la barbarie nazie. Seyssel, 1944, un hiver de neige et de sombre. Seyssel, 1944, un hiver de neige et de sombre. Seyssel, 1944, un hiver de neige et de sombre. Nous sommes réunis aujourd'hui pour rendre hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont payé de leur vie leur engagement dans ce combat pour la liberté. Hommage et reconnaissance à leur famille pour cet engagement, ce sacrifice. N'oublions jamais, notre devoir est de faire perdurer cette mémoire afin que personne n'oublie ce que ces femmes, ces hommes et parfois même ces enfants ont fait pour notre pays. Nous devons également nous souvenir du passé pour qu'il ne soit pas une ombre au tableau mais bien un éclairage qui nous montre le chemin. Les dangers pointent encore par de nombreux signes autour de nous dans notre monde actuel. Nous devons rester vigilants et nous rappeler combien il est essentiel de refouler le racisme, la haine des religions, la haine de la différence. Il nous revient également de rester vigilants face aux menaces qui pèsent sur notre pays et nos libertés. Toutes les libertés sont essentielles et chaque année, nous recensons des atteintes à toutes ces formes. Nos soldats, nos gendarmes, nos policiers nous protègent face au terrorisme, face aux attaques extérieures et parfois intérieures. Nous devons tous nous sentir concernés au quotidien. Chers habitants de Seyssel, cette date doit rester gravée comme cette plaque de marbre où sont gravés le nom de tous les martyrs de cette tragédie. Nous devons perpétuer ce souvenir. Vive la liberté, vive la République, vive la France. Merci.À lire sur le siteSeyssel — Commémoration 2026 des évènements tragiques de février 1944Seyssel — Commémoration 2024 des évènements tragiques de février 1944NOTRE CHAINE YOUTUBE
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