Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Griffolet d’Aurimont Jacques, François d’Assises (marquis de)

Né le 3 octobre 1913 à Boulogne-sur-Seine (aujourd’hui Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine), mort en action le 29 mars 1944 à Thorens-Glières (Haute-Savoie) ; résistant de l’armée secrète (AS) et des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Jacques Griffolet d’Aurimont était fils de Pierre de Griffolet d’Aurim

Jacques Griffolet d’Aurimont était fils de Pierre de Griffolet d’Aurimont et de son épouse Françoise de Prélongue. Son père était un mutilé de la Grande Guerre. La famille, au moment de la guerre, habitait Annecy.

Des Anciens écrivent dans le Républicain Savoyard, le 29 juin 1989 (pour l’inauguration du monument des Flies) : « Il appartenait à cette catégorie de gens qui auraient pu vivre tranquillement une vie aisée. Mais chez lui le sens du devoir, l’attachement aux intérêts supérieurs de la patrie, la volonté de la défendre au moment où la menace de la guerre se faisait de plus en plus inéluctable, le firent s’engager ».

De fait, il s’engagea à 18 ans au 7e BCA, à Albertville (Savoie), après de solides études chez les Jésuites. Il fut promu sergent-chef en 1938 et effectue la campagne 39-40 au 189e B.A.F., avec le grade d’aspirant. Affecté au 27e BCA d’Annecy dans l’armée d’armistice, en juillet 1940, il commanda une section de la 4e compagnie de haute montagne, composée d’éclaireurs skieurs, avant d’être démobilisé en novembre 1942, avec le grade de sous-lieutenant.

Il entra alors, parmi les premiers, dans la Résistance et Jean Vallette d’Osia le nomma chef du secteur de l’Armée secrète du Chablais, au printemps 1943. « Jérôme » circulait « en toutes circonstances dans l’illégalité et dans l’insécurité. Il pratiquait avec sérieux les techniques de l’agent secret : changer constamment d’apparence comme de domicile, disposer de faux papiers « en règle » et avoir toujours un alibi prêt à l’avance en cas d’arrestation… »

Arrêté par l’[glossaire]OVRA[/glossaire] (Gestapo Italienne), il fut relâché, faute de preuves. Bien épaulé par son adjoint, Joseph Diot, dit Jean, il reprit son secteur et son travail acharné, intensifiant l’organisation, constituant des groupes solides sous les ordres d’anciens officiers du 27, comme Georges Buchet à Vailly ou Georges Aragnol. Serge Thélen, écrivit en 1989 (in Républicain Savoyard), qu’alors qu’il vivait avec d’autres maquisards dans un chalet au-dessus des gorges de la Diosaz, dans des conditions plus que précaires : « Jérôme, avec son regard clair sous son front haut, nous fut tout de suite sympathique. On peut dire qu’il arrivait à point dans ce maquis où le moral commençait à baisser sérieusement. Dès le premier contact il nous mit en confiance et tout de suite il fut aimé de tous. »

Ayant reçu l’ordre, il rejoignit le Plateau des Glières, avec ses hommes, en même temps que Jacques Lalande et les siens, dans la nuit du 12 au 13 mars 1944.

Le capitaine Anjot lui confia le 18 mars, la mission d’adjoint tactique, chargé de le seconder, dans la définition des besoins et l’inspection des positions de combat. Il se prodigua au prix d’efforts physiques intenses apportant son réconfort à tous.

Au moment du décrochage, il rejoignit le groupe de Marius Cochet, alias Franquis, dans la nuit du 28 au 29 mars pour tenter de traverser le dispositif très dense de la Milice dans la vallée de la Luaz, sur le versant nord-ouest du massif des Bornes. Dès l’engagement du combat, de Griffolet d’Aurimont réussit à faire passer de nombreux maquisards, mais il retourna en arrière en cherche d’autres pour les aider à franchir le barrage milicien. C’est alors qu’il fut tué à la tête d’un des groupes, au lieu-dit « le Pont des Flies ». Il tomba à 22h00 le 29 mars 1944, le nez emporté par es tirs d’armes automatiques des miliciens.

Le groupe Franquis réussit à franchir les positions miliciennes, mais il perdit 4 autres maquisards dans l’engagement.

Les miliciens lui volèrent ses chaussures comme à tous maquisards morts sous leurs balles à Thorens, ainsi que sa chevalière en or. Dans l’après-midi du 29 mars, le colonel Intendant de police Lelong et le préfet Marion étaient à Thorens. Dans le garage de l’épicier Mabut transformé en morgue, « le préfet dit “À celui-ci”, en désignant le cadavre de de Griffolet, “vous ferez un cercueil”. Cela voulait dire que les autres seraient jetés dans la fosse commune “encrottés” comme l’avait dit récemment un capitaine de Polizei à M. Haase, maire de Thônes qui réclamait une sépulture décente pour les maquisards tués dans sa région : “des terroristes ne s’enterrent pas, on les “ encrotte”. Monsieur Marion, préfet de la Haute-Savoie, était un excellent élève », écrit Serge Henri Moreau dans son ouvrage Thorens berceau du maquis (1945).

Jacques de Griffolet d’Aurimont repose dans la Nécropole militaire nationale de Morette, tombe n°74.

L’officier de chasseurs alpins de Griffolet fut reconnu « Mort pour la France » le 4 décembre 1945. Il fut cité à l’ordre de l’armée « Jeune officier animé du plus haut idéal, n’ayant pas abandonné ses armes en novembre 1942, s’est donné entier à la Résistance depuis cette date.

Après avoir organisé l’Armée Secrète du secteur de Thonon, est monté à Glières alors que déjà il savait la situation désespérée. À trouvé une mort glorieuse et perçant les lignes ennemies, alors qu’il entraînait ses hommes avec un courage des plus rares ». Fait chevalier de la Légion d’Honneur, sa croix fut remise à sa mère par le Président de la République Vincent Auriol lors de sa venue à Morette en 1947. D’autre part, Jacques de Griffolet d’Aurimont figure sur le monument aux morts du bataillon érigé dans la cour du Quartier Tom Morel du 27e BCA à Cran-Gevrier, ainsi que sur le Mur du Souvenir érigé à l’entrée de la nécropole de Morette.

Lieux de mémoire

Nécropole

La Balme-de-Thuys — Nécropole militaire nationale de Morette

Les corps de 105 résistants, principalement des combattants des Glières, sont inhumés au cimetière de Morette dès avril 1944. Inauguré par Vincent AURIOL en 1947, ce cimetière militaire devient la Nécropole nationale des Glières en 1984, classé monument historique en 2015. Il est géré par l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

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