Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Vaulx — 9 mai 1944 : Parachutage code Ânesse

Devant la stèle Mme le maire, M. Déruaz, M. Galuchot, président des anciens combattants du secteur de La Balme-de-Sillingy et M.Métral, président de l’Association des Glières, encadrés par huit porte-drapeaux du secteur. Photo Le DL /M.R.

Les événements

C’était dans la nuit du 8 au 9 mai 1944… L’Armée Secrète et le responsable des parachutages, Lucien Mégevand, ont choisi un terrain pour un parachutage d’armes, de vêtements, etc. L’action aura lieu à Vaulx, au Biolley et les les gars du Maquis de la Mandallaz auxquels se sont joints quelques jeunes du village ont balisé le terrain de la ferme Deruaz et préparé les feux de signalisation pour les avions venus de Grande Bretagne. À minuit, trois avions ont largué une soixantaine de parachutes pour “ravitailler” les maquis de Haute-Savoie.

Hippolyte a perdu sa langue… Hippolyte…” C’est ce message, énigmatique, répété trois fois, qui a été diffusé sur Radio Londres ce 8 mai 1944, au cours de l’émission “Les Français parlent aux Français”. La répétition de ces phrases intéresse les groupes de maquisards à l’écoute des informations codées de Londres. À Annecy, sur son poste récepteur anglais, un homme a lui aussi reçu le message tant espéré : un choc, il n’y croyait plus !

Au Biolley, M. Déruaz, l’a peut-être aussi entendu. La ferme de Marius Déruaz, cultivateur, est entourée de prés au milieu des bois et c’est là que va se dérouler cet événement. Il a été contacté depuis quelques semaines par Pierre Lamy, Chef de l’Armée secrète et avec lui et ses amis Angeloz et Sylvestre, ils ont reconnu le lieu pour l’éventualité d’un parachutage.

Le lieu renommé “Ânesse”

Les consignes ont été données à Lucien Mégevand dit Pan-Pan, chef du Maquis de la Mandallaz et responsable du Service Atterrissage Parachutage (SAP). Les coordonnées réglementaires sont relevées sur la carte Michelin et transmises au Bureau de Londres (BRCA) qui a accepté le choix et donné le nom de code “Ânesse” au terrain.

En ce début mai 44, par la nuit glaciale du 8 au 9, le parachutage a lieu : un largage de 45 containers cylindriques et 24 paquets (caisses dites cages à poules) contenant, armes, radio, cartes, habillement, couvertures et des fonds destinés au Maquis de la Mandallaz et d’autres. Marius a contacté une équipe de fidèles amis, des Vaulxois, qui sans hésitation, sont sur les lieux dès 21 heures : il y a là, Paul, Camille, Gène, Francis qui rejoignent la ferme. Peu après minuit, ils sont à pied d’œuvre sur le terrain balisé par des feux en croix, et décrochent des parachutes les lourds cylindres qu’il faut immédiatement cacher dans les bois…

En mai 2004, pour le 60e anniversaire, une stèle a été érigée dans ce lieu chargé d’histoire et l’inauguration eut un grand succès, avec la population, autorités militaires, anciens maquisards, famille Déruaz, les maires des communes voisines.

“Passant, qui lors de vos promenades, découvrez ce lieu, ayez une pensée, souvenez-vous” ! Que ce modeste édifice dressé pour tous ces hommes qui ont bravé la menace pour faire ce qu’ils pensaient être leur devoir, soit un hommage mérité pour leur héroïsme naturel. Ils n’ont reçu pour cela ni diplôme, ni médaille, ni gloire… Cet épisode reste anecdotique pour la Victoire, mais pour eux et notre village c’est la vraie histoire des “Hommes de Chez nous” !

Lieux de mémoire

79e-a-nniversaire-parachutage-vaulx-8-9-mai-1944-04.webpVaulx - Stèle du parachutage du 9 Mai 1944 - Terrain