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Porte-drapeau, la mémoire visible du monde combattant

Jeudi 11 novembre 2021 — Souvenir Français — Haute-Savoie (Article sur Facebook)
Porte-drapeau, la mémoire visible du monde combattant

Symbole d’un héritage militaire et de la République, le porte-drapeau reste un pilier incontournable des commémorations. Que représente-t-il en 2021 alors que les anciens combattants disparaissent et que le passage de flambeau aux jeunes générations devient un enjeu majeur

Un drapeau exposé est un drapeau mort

"Un drapeau exposé est un drapeau mort". Il aime reprendre cette formule, Dominique Lépine, président national de l’Union française des anciens combattants (Ufac)*, pour montrer à quel point un drapeau, comme un soldat, traverse des épreuves et doit résister à tout prix à l’"embaumement" officiel avant la mise au musée. Combien finissent en lambeaux, oubliés dans les caves ou vendus pour un kopeck en brocante ?

Pourtant, "portés", ils brilleront encore de mille feux, les drapeaux, lors des commémorations du 11-novembre, à l’Arc de Triomphe, mais aussi sur chaque place d’une ville ou d’un village de France. Un rôle justifié, hautement symbolique pour les porte-drapeaux afin de faire perdurer, "la mémoire combattante", "porter les couleurs de la France", et "représenter la République", selon M. Lépine. Une triple mission que lui-même, ancien lieutenant en Allemagne dans un régiment du Génie (aujourd’hui dissous), a accomplie.

Les temps ont changé, mais ils sont encore plusieurs milliers dans l’Hexagone à perpétuer la tradition, lors de cérémonies militaires officielles, de remises de décoration, de manifestations civiles ou religieuses, ou d’obsèques. Les porte-drapeaux font partie du décor. Par tous les temps, sacrifiant leur disponibilité personnelle pour le souvenir collectif. Certains usant parfois de leur rôle pour un brin de reconnaissance locale.

Déontologie, moralité

Il existe évidemment une "déontologie" à respecter, aussi bien vestimentaire que comportementale. Heureusement, l’enquête de moralité – c’était son nom - n’est plus une formalité obligatoire, ni pour devenir porte-drapeau, ni pour décrocher son diplôme d’honneur, distinction créée en 1961 et refondée en 2006. Si le porte-drapeau ne remplit pas certaines conditions, ou a menti, comme ce fut le cas pour quelques imposteurs ces dernières années, il peut être "déchu" de sa mission après enquête de la sous-préfecture sollicitée par un service instructeur. Sans compter qu’il faut être apte à tenir une hampe durant une cérémonie, où la presse locale ou les caméras du monde entier ne vous quittent pas des yeux. "Il faut être capable de tenir le choc physiquement quand le vent s’engouffre dans l’Arc de Triomphe", s’amuse presque Dominique Lépine.

La question de la transmission

Le problème crucial est désormais de transmettre le flambeau aux jeunes générations. L’ensemble du monde combattant a compris les enjeux de sa survie, de son poids et de son image dans la sphère publique. "On incite beaucoup de jeunes à venir nous rejoindre, à devenir porte-drapeau et ça marche plutôt bien, sachant qu’il n’y a pas d’âge pour commencer", décrit le président de l’Ufac, "les écoles primaires jouent un grand rôle". En 2018, le Souvenir français a initié l’idée de donner les drapeaux des associations d’anciens combattants dissoutes, du fait de la disparition de ces aînés, aux écoles primaires des communes.

En 2021, le monde associatif combattant, profondément bouleversé par l’attrition naturelle de ses ressortissants, est à un moment charnière de son histoire. Doit-il se restructurer pour survivre et assurer sa pérennité ? "C’est vrai que c’est assez complexe et labyrinthique", admet Dominique Lépine. Ce dernier sera première ligne ce jeudi aux commémorations, "parce que même des décennies après, ces cérémonies me remuent encore les tripes"

Xavier FRERE, 11 nov. 2021

En vidéo

Cérémonie du souvenir Français à Pont à Mousson lors du 11 novembre 2016

Vidéo Porte-drapeau, la mémoire visible du monde combattant id:_Wj5NJjJw_o▶
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