Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
menu

Jeanne Brousse résistante de l'ombre : elle a aidé le frère du Général de Gaulle à passer la frontière suisse

Lundi 24 juillet 2023 — Souvenir Français — Haute-Savoie (Article sur Facebook)
Jeanne Brousse avait 21 ans lorsqu’elle a fait son premier acte de résistance en 1942. Archives photo Famille Brousse

Employée à la préfecture d’Annecy durant la Seconde Guerre mondiale, la Savoyarde Jeanne Brousse (1921-2017) a fabriqué de faux papiers, entre autres, pour sauver Juifs et résistants. Portrait.

-« Si je suis vivante aujourd’hui, c’est grâce à Jeanne Brousse. » Nicole Naouri et ses deux petites sœurs, font partie des nombreux Juifs, fugitifs et résistants que cette « grande âme » a sauvés, au péril de sa vie, durant la Seconde Guerre mondiale.

Cette « grande âme », c’est Jeanne Brousse, née Maurier, une figure de la Résistance en Haute-Savoie, reconnue Juste parmi les nations en 1973 et décorée de la Légion d’honneur en 2004.

« Elle venait nous voir régulièrement, à vélo, dans la neige, elle nous apportait des sucreries et jouait avec nous. C’était une femme courageuse, très gaie et optimiste », se souvient celle qui a vécu cachée dans le bassin annécien, alors qu’elle n’avait que 9 ans.

Les premiers faux papiers

Après l’invasion allemande de la Zone libre en novembre 1942, de nombreux Juifs et opposants politiques se réfugient en Haute-Savoie, encore sous contrôle italien. Alors employée au service des réfugiés de la préfecture, Jeanne Maurier, 21 ans, voit débarquer Suzanne Aron dans son bureau. La mère juive l’implore de procurer de faux papiers à sa famille ainsi qu’aux trois fillettes d’un rabbin dont elle a la garde.

La Savoyarde ne réfléchit pas à deux fois, malgré les risques qu’elle encourt. « En son âme et conscience, elle a pris une plume et rajouté un C devant son nom de famille, la rendant “non juive” », détaille Isabelle Wagner, co-autrice avec Agnès Poncet du livre biographique Les Armes de Jeanne (1940-1945). Elle les cache ensuite chez ses parents, puis dans une maison de campagne aux alentours d’Annecy, après l’invasion allemande du département en octobre 43.

Cette rencontre constitue le « point de départ » de son engagement dans la Résistance, racontera-t-elle des années plus tard dans un entretien à l’INA.

Celle qui devait partir faire des études d’infirmière à Paris s’est retrouvée là « un peu par hasard ». Née en 1921 à Saint-Pierre-de-Curtille, en Savoie, elle grandit à Annecy, dans une famille patriote. Lorsque la guerre éclate, elle est tout juste majeure. Ses ambitions parisiennes s’envolent.

À la préfecture, on recrute, après le départ des hommes mobilisés au front. « Finalement, bien m’en a pris d’y être entrée, j’ai appris beaucoup de choses », reconnaît l’ancienne fonctionnaire qui y a acquis des notions en droit à une époque où « les femmes n’étaient pas tellement formées dans cette voie » mais plutôt destinées à « rester au foyer ».

La résistance aux côtés des maquisards

Pas une option pour la jeune femme « révoltée » par les injustices qui règnent sous le régime de Vichy. Guidée par son altruisme et sa foi chrétienne, elle prend de plus en plus de risques.

Mme Aron ayant passé le mot, on se bouscule à son bureau. « Ça n’en finissait pas. La situation était périlleuse mais il fallait que je tienne le coup », soutient-elle. Elle continue même d’aider en dehors, leur trouvant parfois un logement, du travail ou apportant de quoi manger.

Dans la plus grande discrétion, elle profite de sa fonction pour soutirer des informations à ses collègues, telles que les dates des prochaines rafles ou les listes des jeunes hommes mobilisés pour le Service de travail Obligatoire en Allemagne. « Je mémorisais les noms et j’allais avertir les hommes désignés le soir après mon travail », raconte celle qui en profitait pour déposer des journaux clandestins dans les boîtes aux lettres. En lien avec des passeurs, elle aide aussi des dizaines de personnes à passer la frontière suisse, dont le frère du Général de Gaulle.

Ancrée dans les réseaux de la Résistance, elle se met progressivement au service des maquis. Notamment, après l’assaut du plateau des Glières, lieu emblématique de la Résistance, où plusieurs centaines de maquisards sont encerclés par les Allemands en mars 43. Appelée à la rescousse pour faire de nouveaux papiers d’identité aux quelques rescapés, elle passe une nuit dans le froid d’un chalet à la Clusaz avec ces « combattants » dont elle admire le courage. « C’était vivre libre ou mourir quoi ! »

Quand on lui demande si elle n’a jamais hésité face aux risques, la réponse est limpide : « Pas une seconde ».

« Le combat de toute une vie »

« C’était pour moi une affaire de conscience, j’ai fait mon devoir, c’est tout. » « Elle fait partie de ces femmes admirables dont le courage n’a d’égal que la modestie », écrit Simone Veil dans la préface des Armes de Jeanne. « Elle n’en tirait aucune gloire et s’effaçait souvent pour parler des autres », commente Isabelle Wagner. Au point que ses propres enfants ne découvrent son passé de résistante que lorsqu’elle reçoit la médaille de Juste parmi les nations en 1973.

Après la guerre, et quasiment jusqu’à sa mort en 2017, elle reste engagée dans ce qu’elle nomme un « combat de toute la vie » contre les injustices. Inlassablement, elle témoigne dans les écoles, collèges, lycées pour « mettre en garde et éveiller les consciences » pour que cela ne se reproduise jamais. Battante optimiste, elle répétait aux enfants : « À l’instant où il y a une situation d’injustice, il faut toujours réagir, ne pas se dire que ça ne nous concerne pas. Ça concerne tout le monde. Il ne faut jamais baisser les bras. »

Jeanne Mercier, 22 juillet 2023
Habère-Lullin — invitation cérémonie du 11 novembre 2026

Habère-Lullin — invitation cérémonie du 11 novembre 2026

Vallée Verte - Quatre Rivières • Association

Boëge — Rassemblement républicain

Boëge — Rassemblement républicain

Vallée Verte - Quatre Rivières • Association

Cluses — Rassemblement républicain

Cluses — Rassemblement républicain

Cluses • Association

Comment transmettre aux jeunes générations la mémoire des événements tragiques de décembre 1943 à Habère-Lullin ? À travers la visite des lieux et les témoignages des élèves du lycée agricole ISETA-ECA de Poisy, le travail de mémoire prend une dimension concrète. Leurs mots nous rappellent combien il est nécessaire de faire connaître cette histoire pour qu’elle ne soit pas oubliée.

Habère-lullin — transmettre la mémoire aux jeunes générations

Vallée Verte - Quatre Rivières • Transmettre

Le travail de mémoire repose sur l’engagement des associations, des institutions et de tous ceux qui œuvrent à la préservation et à la transmission de notre histoire. Les échanges entre ces différents acteurs permettent de coordonner les initiatives et de faire vivre le souvenir auprès des générations futures.

Annecy — Commission mémoire organisée par l’ONACVG

Haute-Savoie • Association

En pleine Première Guerre mondiale, alors que les hommes sont au front, des milliers de femmes prennent leur place dans les usines d’armement. À travers le destin de quatre ouvrières, « Les Filles aux mains jaunes » nous plonge dans leur quotidien, entre conditions de travail difficiles, solidarité et aspirations à la liberté.

Boëge — Théâtre : la fille aux mains jaunes

Vallée Verte - Quatre Rivières • Association

Affiche réalisée par des scolaires du comité Vallée verte Quatre rivières bravo à ces jeunes et merci à René Perrissin d’avoir initié cette idée

Boëge — Affiche réalisée par des scolaires du comité Vallée verte Quatre

Vallée Verte - Quatre Rivières • Entretenir

Samedi matin, en présence de vingt-cinq porte-drapeaux, le Souvenir Français et l'UNC de Frangy ont commémoré le 82e anniversaire de la Libération de la Haute-Savoie devant un large public de plus de cent personnes devant la stèle des Sans-Pardon à Éloise.

Éloise — Inauguration du panneau des Sans-Pardon

Haute-Savoie • Transmettre