Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Cérémonie des Justes : sept Justes Thononais mis à l’honneur

Le docteur Jean-Bernard Lemmel lors de son discours. À droite le monument qui illustre l’adage talmudique : « Qui sauve une vie sauve l’humanité tout entière. » Photo Le DL /Pa. De.

Un vibrant hommage a été rendu dimanche aux Justes de la ville, ces citoyens qui ont mis leur vie en danger pour sauver celles des Juifs menacés par le régime nazi et l’État Français.

Dimanche 18 juillet, c’est devant le monument du Mémorial national réalisé par Nicholas Moscovitz à la clairière des Justes du domaine de Ripaille que s’est déroulée la cérémonie de la journée nationale à la mémoire des victimes des persécutions racistes et antisémites de l’État Français (1940/1944) et l’hommage rendu aux Justes de France.

Le docteur Jean Bernard Lemmel, président de l’association française pour l’hommage aux Justes de France et aux Gardiens de la Vie y était entouré du maire Christophe Arminjon, du sous-préfet Jean-Daniel Boisson, de la députée Marion Lenne, des conseillers départementaux et régionaux, des porte-drapeaux, d’élus et d’un public venu en nombre.

«  Un devoir d’évidence   »

L’hommage ponctué de plages musicales classiques ou de circonstance comme celle de la liste de Schindler a été ordonnancé avec ponctualité par le maire adjoint Jean Dorcier.

Dans son allocution, le maire Christophe Arminjon, citant Anton Tchekhov : «  L’indifférence est une paralysie de l’âme   », a rappelé que face à l’ignominie des bourreaux et de leurs supplétifs des hommes et des femmes de toutes origines et de toutes confessions se sont dressés pour aider des Juifs à échapper à une mort planifiée.

«  Saluer leur courage est un devoir d’évidence tant le risque était grand   » a-t-il souligné avant de citer les sept justes thononais qui ont agi avec un désintéressement total pour sauver leur prochain :Marie Berchmans (alias sœur Jeanne), Geneviève Gruffat et Paul Gruffat, Émile Juliette et Odette Girod, et le père Philibert Bublens.

«  Notre cérémonie leur tient lieu de stèle et d’épitaphe   »

Dans son discours poignant et ciselé, le docteur Lemmel a d’abord honoré la mémoire des 13 152 homme, femmes, enfants, invalides ou mourants, victimes de la rafle du Vél’d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942 y associant ceux de toutes les rafles.

Tous sont morts en déportation sans sépulture. «  Notre cérémonie leur tient lieu de stèle et d’épitaphe   » a-t-il expliqué.

Il a poursuivi en disant qu’il faut aussi ajouter à tous ces visages de nos compatriotes sortis de leurs lits au petit matin pour être exterminés, ceux des 881 binômes de policiers français accomplissant leur sinistre mission avec toutefois une diversité de comportement qui rend difficile tout jugement global et définitif sur leur corporation.

Des policiers ont en effet pris le risque insensé de prévenir un maximum de familles juives de l’imminence du danger les sauvant du sort funeste de leurs coreligionnaires.

Il a rendu ensuite un vibrant hommage aux Justes et Gardiens de la vie qui ont risqué leur vie pour épargner celles de leurs semblables affublés du stigmate de l’étoile jaune.

Il a également remercié l’assistance de sa présence amicale et bienveillante avant de conclure : «  Les forces de Lumière que vous représentez finiront toujours par l’emporter sur celles de l’obscurantisme.   »

Le sous-préfet a lu le message de la secrétaire d’État en charge des anciens combattants avant les dépôts de gerbes par les autorités suivies de la sonnerie aux Morts, de la minute de silence et de la Marseillaise interprétée avec brio par le quintette de l’Harmonie Chablaisienne.

En bref

Les Justes Français (30 en Chablais et 105 sur la Haute-Savoie) ont sauvé 70 000 Juifs faisant de la France le pays occupé en Europe le plus épargné en pourcentage de sa population juive d’alors. Notre département est l’un des départements français comptant le plus grand nombre de Justes parmi les nations.

Patrick DESUZINGE, Article du 19 juil. 2021
Mémorial

Thonon — Mémorial National des Justes - "La Clairière des Justes"

Le 2 novembre 1997, un peu plus de deux ans après le fameux discours du président Jacques Chirac en mémoire de la rafle du Vel’ d’hiv’, un monument national est inauguré à Thonon-les-Bains pour honorer les « Justes de France » rendant hommage à ces hommes et femmes qui ont caché, aidé et sauvé les juifs durant la dernière guerre mondiale.