Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Évian — Plaque commémorative Camille Blanc


Évian — Stèle commémorative Camille Blanc, maire d'évian assassiné

Les événements

Camille Blanc (1912 – 31 mars 1961) a été maire d’Évian après la guerre de 39-45, pendant 12 ans. Il était le propriétaire de l’hôtel Beau Rivage à proximité de l’hôtel de ville. Pacifiste, il été assassiné par l’OAS pour avoir proposé qu’Évian accueille la conférence pour la paix et l’indépendance de l’Algérie.

31 mars 1961 : une nuit tragique et sanglante

Le climat à Évian est tendu. Depuis que Camille Blanc a proposé sa ville pour accueillir les négociations de cessez-le-feu en Algérie, il est à la cible de lettres anonymes et de menaces de mort, à l’instar des notables évianais. Le maire refuse toute protection policière. Résistant et torturé pendant la Seconde Guerre mondiale, il n’est pas inquiet par ces menaces. Pourtant…

Dans la nuit du 31 mars, vers 2h30, un homme veut déposer deux bombes au niveau de l’embarcadère. Une patrouille de police le fait fuir. Changement de programme. Direction le centre-ville et l’hôtel Beau-Rivage, rue de la Source-de-Clermont. Il sait que c’est là que vit le maire.

L’homme dépose une première charge de plastic au niveau de la voiture du maire, stationnée dans la cour entre son domicile et la mairie. Une seconde charge est déposée sur le rebord de la fenêtre de la chambre de l’édile.

La première déflagration réveille Camille Blanc. Le maire se jette sur son téléphone accroché sur le mur à côté de la deuxième charge. La seconde explose. Il est très grièvement blessé et décédera quelques instants plus tard à l’hôpital.

“Le maire d’Évian n’était pas personnellement visé”

L’attentat est revendiqué par l’OAS. Paul Bianchi, membre du mouvement “Jeune nation”, est le commanditaire. L’exécutant, c’est Pierre Fenoglio. Il est spécialement venu d’Alger pour l’attentat. Sur place, il est aidé par un certain Guillaumat, employé du Trésor à Évian. C’est chez ce dernier que les deux charges de plastic ont été confectionnées.

Selon les dires de Fenoglio, “le maire d’Évian n’était pas personnellement visé”. Il dira même devant les juges que “les charges n’étaient pas destinées à tuer, mais seulement à faire peur”.

L’idée était de faire sauter le ponton dans le port où devaient aborder les émissaires algériens du Front de libération nationale (FLN).

Les poseurs des bombes ne sont arrêtés que le 6 juin 1966 : on a enfin mis la main sur les assassins du maire d’Évian ! Les arrestations ont été effectuées la semaine précédente. Trois hommes ont été appréhendés à Paris : Pierre Fenoglio, 32 ans, est un ancien d'Indochine, proche de l'extrême droite, Jacques Guillaumat et Joseph Jimenez, 44 ans tous deux. Un quatrième suspect, Paul Bianchi, 45 ans, est également recherché en Allemagne.

Pierre Fenoglio reconnaît avoir placé les explosifs tout en niant l'intention de tuer le maire d'Évian. Mais la cible n’était pas Camille Blanc au départ à en croire ses aveux. Il s’agissait plutôt de faire exploser les bombes sur l’embarcadère où devaient accoster les représentants du GPRA. Dans la nuit du 30 au 31 mars, Fenoglio a voulu passer à l’acte mais il y avait une patrouille de police, raconte-t-il.

Les 4 kilos de plastics en main, il a rebroussé chemin. L’hôtel Beau Rivage était juste à côté, il a opté pour le logement du maire. Trois minutes plus tard, la première déflagration réveillait Évian. Ce n’est que le lendemain que l’équipe terroriste a appris par la radio la mort du maire de la ville.

Parmi les autres suspects arrêtés, il y a Jacques Guillaumat. Employé à la perception d’Évian, il a hébergé Fenoglio. Accueil tout confort, ils ont pu préparer chez lui les pains de plastic.

Paul Bianchi, vendeur d'aspirateur dans la région d'Annecy, est désigné comme le donneur d'ordre du meurtre de Camille Blanc, est en Allemagne au moment du procès, il est condamné par défaut à la peine de mort. Les autres accusés sont frappés de peines inférieures à celles qui avaient été demandées par le réquisitoire. Pierre Fenoglio, qui déposa les charges les fit exploser, écope de vingt ans de réclusion criminelle alors que la peine perpétuelle avait été requise. Un an plus tard, en juin 1968, Fenoglio fait partie d'une liste de prisonniers graciés parmi lesquels figure aussi l'ex-général Salan. Jacques Guillaumat, employé communal à Évian, écope de huit ans, le réquisitoire avait demandé vingt ans, gracié un an plus tard lui aussi. Tous les autres ont des peines avec sursis : Laharotte, Laureau, Felber, Montessuit, Joseph Gimenez et André Pétrier. Claude Laharotte, Marcelle Montessuit, Pierre Laureau, André Petrier et sa femme, ainsi que Guy Montessuit avaient déjà bénéficié de la liberté provisoire dès 1966.

Tous seront amnistiés un peu plus tard par le général de Gaulle dans le cadre des accords d'Évian et des lois sur l’amnistie pénale des militants de l’Algérie française et de l’OAS.

Cérémonie du souvenir à Evian-les-Bains pour honorer la mémoire de Camille Blanc

Victime

Camille Blanc

Le maire socialiste d'Évian-les-Bains Camille Blanc) devant le Palais des Fêtes d'Evian-les-Bains, le 23 mars 1961, quelques jours avant son assassinat par l'Organisation Armée Secrète (OAS) le 31 mars 1961 - blanc-camille-maire-evian-assassine
Plaque commémorative en émoire de Camille Blanc à l'ancien hôtel du Parc où les accords d'Évian ont été conclus le 18 mars 1962 - evian-plaque-camille-blanc-hotel-beau-rivage
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