Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Saint-Julien — 16 août 1944 : Libération de Saint-Julien-en-Genevois

Saint-Julien, le 16 août 1944 vers 17 heures, les derniers soldats allemands viennent de se rendre, la ville est libérée. Photo collection Dominique ERNST

Les événements

Le 16 août 1944, les résistants de l’Armée secrète (A.S.), des Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P.F.) et de la Brigade rouge internationale (B.R.I.) lancent des attaques simultanées sur les postes allemands du canton de Saint-Julien-en-Genevois.

Dans la sous-préfecture, la compagnie de l’A.S. du lieutenant Fivel prend rapidement le contrôle de l’hôtel du Cheval Blanc, les combats sont plus nourris du côté de l’hôtel Rotchy, près de la douane de Perly, avant que les gardes-frontières allemands ne se rendent. Au centre-ville, les échanges de tirs sont nourris face aux Allemands retranchés dans l’hôtel de France. Guy Bouchet, un jeune résistant du corps-franc breton, est tué alors qu’il tente de lancer une grenade depuis un toit voisin de l’hôtel. Sous la menace d’exécuter les cinq gardes-frontières capturés à la douane, les 22 soldats de Wehrmacht retranchés dans l’hôtel de France se rendent. Nous sommes le 16 août, il est 17 heures, Saint-Julien est la première ville de Haute-Savoie libérée par les armes.

Panique au sein de la population

À Bossey, les Allemands, retranchés au château de Crevin, acceptent après négociation de se rendre. À Viry, ils sont barricadés dans le château Gondrand. Les échanges de tirs nourris feront un mort côté F.F.I., Gérard Bochet. Mais les occupants vont finir par se rendre lorsque les résistants menacent d’arroser le bâtiment avec de l’essence. Côté Vuache, la Brigade rouge internationale de Léopold Martin est chargée depuis le 15 août de « tenir » le pont Carnot pour empêcher toute contre-attaque allemande venue de l’Ain. Mais en soirée, elle est appelée en renfort à Valleiry et doit être remplacée par une compagnie de l’AS qui ne viendra jamais…

À Valleiry, l’attaque contre les soldats allemands réfugiés dans la villa Chautemps débute à 6 heures du matin. Les combats, acharnés, vont durer jusqu’à midi, avec un bilan très lourd pour les hommes de la BRI : deux morts et huit blessés graves. Côté allemand, une douzaine de morts et autant de prisonniers, dont deux Françaises. Vers 14 heures, une division de 150 soldats de la Wehrmacht franchit un pont Carnot laissé sans surveillance. Avançant en redoutant à chaque instant une attaque des maquisards, ils vont incendier les villages de Chevrier, Bloux (Dingy-en-Vuache) et Valleiry, exécutant au passage une dizaine de personnes. Un bilan qui aurait pu être beaucoup plus lourd si les habitants de ces villages ne s’étaient pas réfugiés sur le Vuache ou côté suisse, à Chancy ou Soral.

Dans une situation très confuse, la panique s’empare aussi de localités plus éloignées, d’où l’on voit au loin les colonnes de fumée monter des villages incendiés. Craignant une attaque allemande, ce sont ainsi près de 8 000 personnes des villages de Collonges-sous-Salève, Bossey et Archamps, qui vont franchir la frontière pour se réfugier à Carouge. Côté Vuache, la colonne allemande repasse le pont Carnot en soirée.

Après une ultime contre-attaque, le 17 août à l’aube, les soldats de la Wehrmacht se replient définitivement dans le Pays de Gex. Le canton de Saint-Julien est définitivement libéré du joug nazi.

Saint-Julien — 16 août 1944 : Libération de Saint-Julien-en-Genevois - liberation-saint-julien-corps-franc-bretonSaint-Julien, le 16 août 1944 vers 17 heures, les derniers soldats allemands viennent de se rendre, la ville est libérée. Photo collection Dominique ERNST