Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Ils portent le drapeau du Souvenir français aux commémorations

René et Anna Gaillard s’occupent du comité annemassien de l’association du Souvenir français

Ce vendredi 11 Novembre, comme à toutes les cérémonies commémoratives d’Annemasse, vous apercevrez sans aucun doute Anna, avec sa longue tresse noire coiffée du béret du Souvenir français, monter et baisser le drapeau tricolore. Ce vendredi 11 Novembre, aux côtés de sa femme, vous verrez à coup sûr René, en maître de cérémonie. Il œuvre discrètement au respect du protocole, des prises de paroles, des levers de drapeau etc. Une chorégraphie maintes fois répétée.

«  Nous avons l’honneur de porter le drapeau tricolore. On parle ici de patrimoine, de passé historique, de guerre… On est fier de représenter la France. On croit en ce qu’on fait et surtout on aime ce qu’on fait. Une sorte d’idéal…   » reconnaît le duo à l’unisson.

Ils calent leurs vacances et leurs rendez-vous en fonction des commémorations

Le couple cale sa vie, ses vacances, ses rendez-vous de médecins, ses visites aux enfants, ses sorties, bref l’ensemble de son agenda en fonction des commémorations. Et du 26 avril jusqu’au 5 décembre, c’est la grosse saison.

Elle était aide-soignante. Lui était ébéniste, passé par les pompiers volontaires de Saint-Julien pendant 20 ans et la réserve du 27e BCA pendant 35 années. Ces jeunes retraités sexagénaires sont dotés d’une énergie rare, qu’ils puisent en partie dans leurs passions communes. La musique et la France. Souvent les deux mélangées.

Elle au tambour, au glockenspiel et aux cymbales. Lui à la grosse caisse et au clairon. «  En tant que musiciens, on est présent sur les festivals de batterie fanfare et aux commémorations quand on n’y va pas pour le Souvenir français. Mais parfois on a le double costume   », reconnaît Anna qui aimerait avoir le don d’ubiquité pour contenter tout le monde. René : «  Le 13 Juillet par exemple, on fait la cérémonie à Annemasse et juste après on se change et on monte à Ballaison pour jouer au défilé du soir.   »

Les bénévoles du Souvenir français sont présents chaque 1 er Novembre devant les cimetières, comme ici à Annemasse

«  On va rendre visite à nos adhérents   »

Il y avait tout de même un terreau à leur engagement associatif. «  Avec l’âge on sort un peu du cadre militaire   », confie René. Un peu seulement… Car René Gaillard, en plus d’être président du Souvenir français, est aussi à la tête de l’Amicale du 27e BCA, section d’Annemasse. Dans le sous-sol de leur maison familiale à Neydens, son fanion du 27 est rangé à côté du drapeau du Souvenir français de madame.

En 2007, quand on a proposé à René Gaillard de prendre les rênes du comité annemassien du Souvenir, presque naturellement il a dit oui. En 2009, quand il s’est mis à la recherche d’un porte-drapeau, il s’est tourné vers la personne la plus proche, Anna. Et presque naturellement elle a dit oui.

«  M. Rizzato m’avait dit que je n’aurai rien à faire sauf la quête du 1er Novembre   », se souvient René dans un sourire. «  J’ai émargé en pressentant la supercherie…   » Car être bénévole au Souvenir, c’est une vraie mission. Et la collecte en est juste une partie. «  S’il y a un souci chez un adhérent, on va lui rendre visite   », raconte Anna qui pendant le Covid, a cousu des masques pour les membres de l’association. «  Dans toutes les amicales, il ne faut pas oublier la notion d’amitié   », insiste René.

«  On fait toutes les manifestations et cérémonies. On représente aussi le Souvenir français dans d’autres départements, voire à l’étranger comme en Italie et en Allemagne.   »

L’entretien des tombes des soldats morts pour la France

Leur mission est aussi d’entretenir les tombes des anciens combattants. On en dénombre une centaine à Annemasse. «  Mais la municipalité fait quotidiennement un très bon entretien, donc ça nous simplifie beaucoup la tâche. On voit avec la gardienne du cimetière lorsqu’il y a une cocarde à changer ou des travaux à effectuer. Lorsqu’on fait notre quête début novembre, comme les gens nous voient aux entrées des cimetières ils nous signalent les tombes à entretenir. À nous ensuite de voir avec la famille. Car on ne peut absolument pas intervenir sans son accord ou sans les autorisations légales. Les gens ne comprennent pas toujours…   »

Ce 11-Novembre, Anna et René Gaillard couvriront la cérémonie à Neydens le matin et Annemasse l’après-midi. «  On ne peut pas se partager   ». Anna et René avancent ensemble.

Ils regardent aussi d’un œil préoccupé l’avenir du Souvenir. Dans une époque où les associations mémorielles sont en perte de vitesse parce que le monde change, les adhérents se font rares et la mémoire reste fragile, «  on espère qu’il y aura une relève   », lâche Anna. «  Même notre fils de 26 ans qu’on traîne depuis ses 7 ans dans les cérémonies est parti faire sa vie et ne pense pas reprendre le flambeau.   »

Pourtant, assure Anna, pour devenir porte-drapeau il faut juste être motivé et assidu aux cérémonies. Ni plus, ni moins. Le rôle s’apprend ensuite sur le tas. «  À condition, toutefois, d’avoir quelques convictions et la volonté d’entretenir la mémoire de son pays   », résume-t-elle.

Catherine MELLIER, Article du 11 Nov. 2022