Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Il y a 78 ans, Cluses se libérait de l’occupant

libération de cluses le 18 août 1944

En août 1944, les Allemands ont été chassés de Cluses après quatre jours de combat. L’École nationale d’horlogerie, occupée par les nazis, attaquée par les Résistants, fut le théâtre de combats acharnés et meurtriers. 78 ans plus tard, il est l’heure de se souvenir de cette journée.

Jeudi 18 août, la ville de Cluses et l’ensemble de la vallée vont célébrer le 78e anniversaire de sa libération. Les diverses associations d’anciens combattants et de résistants seront présentes un peu partout sur le territoire.

C’est par l’action conjuguée de ses propres forces armées, les Forces françaises de l’intérieur (FFI), regroupant les Francs-tireurs partisans (FTP) et l’Armée secrète (AS) que la ville et le département se sont libérés, sans aucune aide militaire extérieure.

Mainmise allemande sur les industries du décolletage et de l’horlogerie

Après la reddition de Mussolini en Italie, les troupes allemandes ont remplacé les troupes italiennes et occupèrent l’intégralité de la France à partir du 8 septembre 1943. C’est alors que tous les jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) se réfugièrent dans le maquis ou se cachèrent dans les caves.

Rapidement, les Allemands eurent la mainmise sur les industries du décolletage et de l’horlogerie de la vallée. Si ces dernières travaillaient effectivement pour l’Allemagne, les Résistants mirent en place de nombreux actes de sabotage.

À Cluses, une compagnie de la SS Polizei, force de police militarisée dépendant de la Wehrmacht dont le rôle est d’assurer la sécurité militaire des occupants, s’installa à l’École nationale d’horlogerie.

Avec le débarquement du 6 juin 1944 et les divers sabotages, les ravitaillements des garnisons allemandes de Cluses et de Chamonix ne se faisaient plus que par convois routiers. Ils étaient de plus en plus attaqués par le maquis et chaque expédition était coûteuse en vies allemandes.

Le 1er août, le parachutage du plateau des Glières permit aux Alliés de larguer 70 tonnes d’armes et de munitions, laissant les Allemands être des témoins impuissants. La libération du département put ainsi s’organiser.

La population se terre dans les maisons

À Cluses, les combats débutèrent le 14 août, après que les Forces françaises de l’intérieur ont décidé d’attaquer l’École nationale d’horlogerie alors qu’une partie des troupes allemandes était partie en expédition à Sallanches.

En représailles, des tirs de mortier partirent des fenêtres de l’École nationale d’horlogerie, bientôt suivis de nombreux tirs de mitrailleuses de part et d’autre tout autour de la ville. La population se terre dans les maisons ayant pour consigne de rester confinée, fenêtres et rideaux fermés et de ne pas sortir. Un assaut fut donné en début d’après-midi le 15 août, sans parvenir à déloger la garnison allemande. La situation est toujours tendue le 16 août. Les Allemands se retranchèrent dans l’École nationale d’horlogerie et seules quelques patrouilles circulaient dans les rues.

Mais le lendemain, une centaine d’Allemands parvinrent à franchir les barrages. La nuit se passa dans le silence et l’inquiétude permettant aux FFI des communes des alentours de se rassembler.

À l’aube du 18 août, la Wehrmacht, profitant du brouillard, tente de s’esquiver. Mais repérés, les fuyards Allemands furent poursuivis par les maquisards et les combats se déplacèrent vers Scionzier et Marnaz.

Dès le matin les Clusiens envahirent la Grande rue, arborant des drapeaux tricolores aux fenêtres.

Au total, ce sont une soixantaine de blessés ou de morts allemands et 165 prisonniers dont le capitaine commandant le convoi. De leur côté, les FFI comptent sept morts pour la journée du 18 août.

Le film : les derniers témoins de la libération de Cluses

Nathalie SARFATI, Article du 18 août 2022