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Les affrontements de Foges, à Fessy, sont retracés dans un livre écrit par Nicolas Martignoles. Ce professeur d’histoire-géo, originaire d’Annecy et habitant le Lot-et-Garonne avait déjà écrit un livre sur Albert Boccagny, ancien maire communiste de Cervens.
« Le combat de Foges était connu, il apparaissait dans les livres de Michel Germain, sur la Seconde Guerre mondiale en Haute-Savoie, mais ça représente en moyenne trois pages, précise Nicolas Martignoles. J’ai consulté différents documents, des archives personnelles et départementales, j’ai réussi à obtenir certains témoignages d’anciens qui ont connu cette période. En reconstituant le puzzle, je me suis rendu compte qu’on pouvait écrire des choses complémentaires sur cette journée de combats. »
« Quand on s’intéresse à l’histoire du Bas-Chablais, au XIXe et XXe siècle, on n’est pas surpris que des miliciens de tels villages se retrouvent face à des résistants de tels autres villages », note l’enseignant.
Un certain nombre de familles à l’influence politique d’extrême droite s’engagent dans la milice. À l’inverse, des familles sont très républicaines, par exemple celle de Léon Biollay, le boulanger de Lully, membre des résistants présents à Foges. « Ces familles entrent dans la résistance. On trouve des traces d’affrontements politiques très durs sur la question de la République. Antirépublicains d’un côté, groupés autour de curés catholiques qu’on appellerait intégristes aujourd’hui, très hostiles à la démocratie et de l’autre une tendance républicaine très forte et du même coup très anticléricale, très laïque. »
Si le combat de Foges marque les esprits, c’est parce qu’il montre « qu’il est possible de tenir tête à la milice, confie Nicolas Martignoles. Avec Foges, la Résistance locale relève la tête. Après la guerre ,ça fait l’objet d’une mémoire très vive. Avec les années, le message se perd dans les familles, les témoins vieillissent… Tout mis bout à bout, je me suis dit qu’avec le livre, c’était l’occasion de la relancer. »
Dans le livre, la première partie se construit autour de Léon Biollay. « Il est né à la fin du XIXe siècle. Il incarne assez bien ces républicains rouges du Bas-Chablais. C’est un peu la figure du groupe. À 45 ans, il est presque deux fois plus âgé que les autres. Il a contribué à accueillir ces jeunes à Lully, les cacher, les nourrir, leur donner du travail. Il a pris les armes face à la milice. Malheureusement, il fait partie des hommes tués lors du combat. »
À la Libération, Claude Bar, l’un des cinq survivants, épouse l’une des deux filles de Léon Biollay, Germaine.
Le couple s’attelle toute sa vie à entretenir le souvenir de la Résistance. « J’ai lu les mémoires de Claude Bar, j’ai pu discuter avec quelques témoins de l’époque. Un des plus importants, c’est Bernard Neplaz, l’ancien maire communiste de Sciez, fils de résistants. » C’est d’ailleurs lui qui souffle l’idée à l’enseignant d’écrire un livre sur les affrontements, à l’occasion de la parution de son ouvrage sur Albert Boccagny. « Bernard m’a dit «Il y a quelque chose à écrire sur Foges» . Il m’a aiguillé, m’a dit que c’était plus qu’un simple combat local. »
Le DauphinéLe Messager, 22 Fév. 2024
Monument érigé en 1999 sur les ruines d'un chalet incendié. Le 22 février 1944, pendant 12h, 12 résistants ont tenté d'empêcher l'avancée de miliciens, venus attaquer le maquis savoyard. En face de ce lieu se trouve également une stèle à la mémoire de ces combattants.
Lieu : Fessy
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