Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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11 Novembre à Annecy, une cérémonie portée par la jeunesse

11 Novembre à Annecy, une cérémonie portée par la jeunesse

Rarement une cérémonie du 11 Novembre avait attiré tant de monde sur la place du Souvenir. À l’heure où les canons résonnent en Ukraine et que deux soldats français sont morts cette année pour la France, les voix des enfants chantaient le respect et l’espérance.

La paix sera notre combat   », chantait une trentaine de gamins devant un parterre de porte-drapeaux, d’uniformes et d’écharpes tricolores rassemblés pour célébrer le 104e anniversaire du 11 novembre. La chorale des Balmettes et du Parmelan, accompagnée par l’orchestre de la Jonchère, semblait flotter au-dessus des fracas de la mitraille, celle que les pages de nos livres d’histoire font jaillir à chaque anniversaire de l’Armistice.

En ce 11 novembre 2022, la Grande Guerre, celle qui devait être la Der des ders, faisait entendre, une fois de plus, son tonnerre. En vain… La voix des enfants le couvrait. Car en cet anniversaire de l’Armistice, des gamins et des adolescents, il y en avait partout. Devant les tambours et derrière les instruments à vent, mais aussi dans le public. De 7 à 20 ans, des écoliers, des collégiens venus de tout le département et des lycéens de Berthollet et Saint-Michel étaient sur le pont. Pour porter des drapeaux, des gerbes, des voix, des poèmes, des paroles de Poilus, des messages extirpés des tranchées… Et, au final cette commémoration, d’un seul et même élan.

Alors qu’un conflit voisin leur livre, chaque jour, des images que des enfants ne devraient pas connaître, ils semblaient unis pour construire la paix, au nom des soldats morts en 1914-18. Mais aussi de deux jeunes hommes, peut-être pas vraiment plus vieux qu’eux. La France rendait aussi hommage en ce 11 Novembre au brigadier-chef Alexandre Martin, du 54e régiment d’artillerie de Hyères, et au maréchal des logis Adrien Quélin, du 4e régiment de chasseurs de Gap. Car cette journée de commémoration est aussi dédiée, depuis 2012, aux combattants tués en opération extérieure durant l’année écoulée.

La commémoration du 104[e] anniversaire armistice 14-18 à Annecy, au carré militaire du cimetière de Loverchy et place du Souvenir. Quatre gendarmes et deux militaires du 27e BCA ont été décorés lors de cette cérémonie.

Sanglés dans une fierté que leurs actes de bravoure légitimaient

Et aussi à ceux, bien vivants, qui s’étaient illustrés pour sauver leurs pairs ou de simples citoyens en 2022. Six d’entre eux ont été décorés. Gendarmes ou militaires du 27e BCA, ils n’ont pas hésité à mettre leur vie en péril pour éviter que d’autres meurent dans un incendie ou sous les balles au Mali. Sanglés dans une fierté que leurs actes de bravoure légitimaient entièrement, ils ont été très applaudis par la foule. Sur les visages, que souvent un seul prénom accompagnait (pour ne pas mettre leurs proches en danger), on lisait la joie du devoir accompli.

Une précaution qui rappelle que la guerre, bien que hors de France, n’est jamais loin. Ce que soulignait aussi Jean Excoffier, président de l’Union départementale des associations de combattants et de victimes de guerre. «  Le travail de mémoire a toute son importance afin d’éviter un retour des erreurs du passé pouvant entraîner les mêmes conséquences désastreuses   », lançait-il après avoir égrainé les chiffres de l’horreur : 1 400 000 morts, 740 000 invalides, 3 000 000 blessés. Un bilan repris également par le préfet, Yves Le Breton, qui ajoutait à cette funeste liste 6 millions d’orphelins et veuves. Le discours du ministre des Armées Sébastien Lecornu venait à Annecy par sa voix.

Des soldats du 27e BCA, sous les ordres du colonel Vincent Minguet, venaient ensuite apporter, des quatre coins cardinaux, des fragments de la flamme du Soldat inconnu, acheminés depuis Paris. Ils donnaient ainsi encore plus de hauteur et de lumière au monument aux Morts de Haute-Savoie, bordé d’une dizaine de gerbes. Elles faisaient écho à celles déposées, une heure plus tôt, devant les tombes du carré militaire au cimetière de Loverchy. Entre les croix droites et blanches, l’air était alors pur et le soleil chaud. Comme pour mieux répondre à l’obscurité des tranchées.

Colette LANIER, Article du 11 Nov. 2022