Le Souvenir Français
Délégation de la Haute-Savoie (74)
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Pose de la cocarde du Souvenir Français 74 sur la tombe du capitaine Jean Gabriel Auguste RENARD

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Pose de la cocarde du Souvenir Français 74 au cimetière de Thônes, en hommage au capitaine Jean Gabriel Auguste RENARD, mort pour la France en Indochine le 22 décembre 1946. Un oubli aujourd’hui réparé.

Discours

Hommage au capitaine Jean Renard
Mort pour la France – Indochine

Mesdames, Messieurs, en vos grades, fonctions et qualités,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour honorer la mémoire du capitaine Jean Gabriel Auguste Renard, officier de la Légion étrangère, mort pour la France en Indochine le 22 décembre 1946, à l’âge de 35 ans. À travers cette cérémonie, nous ne voulons pas seulement rappeler une date, un grade ou un parcours militaire. Nous voulons faire revivre, le temps de quelques instants, un homme qui avait choisi de servir la France.

Jean Gabriel Auguste Renard avait rejoint l’Indochine dans cette période particulièrement difficile qui suivit la Seconde Guerre mondiale.

Il avait fait le choix de servir loin de sa terre natale, dans un pays alors confronté à de profondes tensions et à de violents affrontements.

Il y exerçait ses responsabilités avec cette exigence propre à ceux qui portent l’uniforme : commander, protéger et assumer.

Une lettre adressée à sa mère le 18 février 1947, quelques semaines seulement après sa disparition, nous permet aujourd’hui d’entendre, à travers les mots de l’un de ses chefs, le témoignage de ceux qui l’avaient connu et commandé.

Cette lettre est précieuse.

Elle nous dit que Jean Gabriel Auguste Renard avait su gagner rapidement l’estime et l’amitié de tous, et tout particulièrement de ses hommes.

Lorsqu’il prit le commandement de sa compagnie, il dut faire face à d’importantes responsabilités.

Pourtant, nous dit son supérieur, il sut en quelques jours prendre remarquablement en main sa compagnie et le territoire dont il avait la charge.

  • Il n’était pas seulement un chef.
  • Il était un chef respecté.
  • Un chef proche de ses hommes.
  • Un chef qui avait su créer autour de lui cette confiance indispensable à ceux qui commandent dans les moments difficiles.[/p]

Quelques semaines avant sa mort, à la fin du mois de novembre 1946, Jean Gabriel Auguste Renard avait encore partagé avec son supérieur un voyage à Siem Reap et Angkor.

Il lui avait montré avec fierté le travail accompli dans la citadelle de Tây Ninh.

Le témoignage qui nous est parvenu nous montre alors un homme détendu, heureux de faire découvrir ce qu’il avait réalisé.

Ils avaient également échangé sur sa vie personnelle, sur sa famille, sur sa fille.

Ces quelques lignes nous rappellent une évidence que la mémoire militaire ne doit jamais oublier : derrière l’uniforme, derrière le grade et derrière le soldat, il y avait un homme.

  • Un homme qui avait une famille.
  • Un homme qui avait des projets.
  • Un homme qui aimait les siens.
  • Et un homme qui avait choisi de consacrer sa vie au service de la France.

Puis vient le 22 décembre 1946.

Il est environ 14 heures.

Une patrouille du poste de Can Khoi, située à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Tây Ninh, est signalée en difficulté et plusieurs hommes ont disparu. Jean Gabriel Auguste Renard n’hésite pas. Accompagné du sous-lieutenant Garrade et de deux sections de sa compagnie, il part immédiatement au secours de ses hommes.

Arrivé au village d’Ap-Cha-Là, il mène une première enquête auprès des habitants. Puis il poursuit sa progression à la recherche de ses soldats. C’est au cours de cette mission que le capitaine Jean Renard trouve la mort. Il avait 35 ans.

Il est mort en accomplissant ce que son grade, son uniforme et son engagement lui imposaient : ne pas abandonner ses hommes.C’est sans doute là que se trouve le sens le plus profond de son sacrifice.

Jean Gabriel Auguste Renard n’est pas tombé loin de ses hommes. Il est tombé pour ses hommes. Son parcours et son engagement furent reconnus par la Nation. Il fut notamment décoré de la Croix de guerre 1939-1940 avec palme et reçut, à titre posthume, la Légion d’honneur.

Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement ses décorations que nous honorons. Nous honorons son courage. Nous honorons son sens du devoir. Nous honorons son attachement à ses hommes. Nous honorons enfin le sacrifice d’un officier français tombé dans cette guerre d’Indochine qui fit tant de victimes parmi nos soldats.

Le capitaine Jean Gabriel Auguste Renard est Mort pour la France. Il est mort loin de sa famille, loin de son pays, à une époque où les nouvelles mettaient des semaines à parvenir aux proches.

Quelques semaines après sa disparition, une lettre était adressée à sa mère. Une lettre dans laquelle son supérieur cherchait, avec des mots simples, à lui dire ce que représentait son fils pour ceux qui avaient servi à ses côtés.

Aujourd’hui, près de quatre-vingts ans plus tard, nous faisons à notre tour le chemin inverse. Nous faisons revenir son nom dans notre mémoire. Nous faisons revenir son histoire dans notre présent. Nous rappelons à celles et ceux qui sont ici que Jean Gabriel Auguste Renard n’est pas seulement un nom gravé sur une tombe.

  • Il fut un fils.
  • Il fut un officier.
  • Il fut un chef.
  • Il fut un camarade.
  • Et il fut un Français qui donna sa vie au service de son pays.

Notre devoir est désormais de transmettre cette mémoire. Car honorer les morts n’est pas seulement regarder le passé. C’est aussi expliquer aux générations qui viennent ce que signifient les mots engagement, courage, fidélité et devoir.

Aujourd’hui, devant cette tombe, nous nous inclinons avec respect devant la mémoire du capitaine Jean Renard.

Capitaine Jean Gabriel Auguste Renard, Vous êtes tombé en Indochine, loin de votre pays, alors que vous portiez secours à vos hommes. Votre nom demeure. Votre mémoire demeure. Tant que nous nous réunirons pour vous rendre hommage, la France se souviendra de votre sacrifice.

Capitaine Jean Gabriel Auguste Renard, Mort pour la France, le Souvenir Français vous rend hommage en apposant la cocarde tricolore. Nous nous inclinons devant votre mémoire.

Vive la République ! Vive la France !