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À travers une interprétation sensible et pleine de justesse, les comédiennes ont fait revivre le quotidien de ces femmes surnommées les « munitionnettes » qui, durant la Première Guerre mondiale, ont pris la place des hommes mobilisés dans les usines d’armement.
En 1918, elles représentaient une part considérable de la main-d’œuvre de cette industrie devenue indispensable à l’effort de guerre.
En quatre années de conflit, l’industrie française produisit plus de 300 millions d’obus et plus de 6 milliards de cartouches. Une production colossale à laquelle ces ouvrières contribuèrent largement.
Mais à quel prix !
Cadences infernales, journées interminables, épuisement, accidents du travail et exposition quotidienne à des substances toxiques : les conditions étaient particulièrement éprouvantes. Les produits chimiques manipulés, notamment le trinitrotoluène (TNT), provoquaient parfois un jaunissement caractéristique de la peau, à l’origine du surnom donné à ces ouvrières.
Sur scène, les comédiennes ont su restituer cette dure réalité, mais aussi les liens de solidarité, les moments de complicité et les espoirs qui animaient ces femmes.
Car derrière l’effort de guerre se dessinait une autre bataille : celle de l’émancipation féminine.
En accédant à des métiers jusque-là largement réservés aux hommes, en percevant un salaire et en affirmant leur place dans le monde du travail, ces femmes découvraient de nouvelles perspectives d’indépendance.
Mais ces espoirs allaient rapidement se heurter aux réalités de l’après-guerre.Dès l’Armistice de novembre 1918, les munitionnettes furent progressivement poussées à céder leur place aux soldats démobilisés. Beaucoup durent quitter les usines et furent encouragées à retrouver leur rôle traditionnel d’épouses et de mères, dans une société soucieuse de relancer la natalité après les pertes humaines considérables du conflit.
Après avoir été indispensables à la Nation pendant quatre années, elles voyaient leur contribution reléguée au second plan, tandis que leurs aspirations à davantage d’autonomie se heurtaient au retour de l’ordre social d’avant-guerre.
C’est cette histoire de courage, de sacrifices, d’espoirs et de désillusions que les comédiennes ont racontée avec talent, suscitant l’émotion et les applaudissements d’un public conquis.
Un grand bravo aux comédiennes pour la qualité de leur interprétation !
Merci aux plus de 150 spectateurs qui ont répondu présents, ainsi qu’à toutes les personnes ayant participé à l’organisation et à la réussite de cette soirée.
Pour le Souvenir Français, cette représentation rappelle que le devoir de mémoire ne se limite pas à honorer les combattants. Il consiste également à faire connaître et reconnaître l’engagement de toutes celles et tous ceux qui, à l’arrière, ont participé à l’effort de guerre et contribué à l’histoire de notre pays.
Se souvenir, c’est aussi redonner une place dans notre mémoire collective à ces femmes que l’Histoire a trop longtemps laissées dans l’ombre.
Vallée Verte - Quatre RivièresComité du Souvenir Français (74), 23 octobre 2026
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